Justice sociale et justice animale : même combat

Sentience, association antispéciste implantée à l’université de Lille 3 semble soucieuse de tenir des positions claires. En témoigne la conférence qu’elle organisait jeudi 24 novembre sur le thème «  justice sociale et justice animale : même combat. »

Sentience Lille a le plaisir de vous inviter à une conférence/débat de Frédéric Côté-Boudreau, doctorant en philosophie à Queen’s University et spécialiste en éthique animale. « Pourquoi se préoccuper des animaux alors que tant d’injustices humaines sévissent jour après jour ? N’est ce pas là un grave manque de priorité ? » Ces doutes sont largement partagés par la gauche, et c’est pourquoi le mouvement de libération animale est la plupart du temps ignoré par ceux-là même qui défendent la convergence des luttes. Il se pourrait, cependant, que non seulement la justice animale ne s’oppose pas à la justice sociale, mais qu’elle en fait partie et qu’elle peut même y contribuer.»

Le conférencier, doctorant québécois qui prépare une thèse un peu cheulou ou il étudie conjointement animaux et handicapés mentaux a néanmoins présenté une vision politiquement saine de l’antispécisme.

vegan-feminist-history

Pour FCB, l’antispécisme ne peut que s’inscrire dans l’intersectionnalité : si l’on est contre la hiérarchie homme/animal, on ne peut être qu’opposé à toutes les hiérarchies , sexistes, racistes, validistes âgiste etc … Il incite donc les antispécistes à s’intéresser à d’autres combats, au moins en lisant les textes produits par les dominés en lutte, et à chercher à créer des convergences. Par exemple, des antispécistes ont pu soutenir des mères d’origines étrangères qui réclamaient que la cantine d’une école propose un menu végétarien. Pour ces femmes, le but était d’éviter de faire manger à leur enfants de la viande non-halal, mais c’est l’occasion de montrer qu’une alimentation non-carnée est possible. Par ailleurs, le rapprochement avec d’autres combats permet d’éviter les erreurs commises par certains antispéciste : comparer la condition animale à l’esclavage, au viol, à la Shoah etc : peut blesser les victimes humaines de ces crimes. Il se trouve également que les anti-spécistes emploient trop souvent des images ou de slogans sexistes, des féministes antispécistes anglaises se sont fait une spécialité de dénoncer ce genre de dérapage au sein du mouvement genre «  les jolies filles mangent végan » http://veganfeministnetwork.com/organization-watch/.

A l’inverse l’antispéciste ne manque pas d’argument, grâce à l’intersectionnalité, pour répondre à ses détracteurs au sein des milieux radicaux. En gros il suffit de d’échanger le mot animal contre celui de « gay, handicapé, arabe, etc pour que l’interlocuteur se rende compte de la fragilité de ses argument. Exercice pratique ; faites le test avec des phrases telles

« Il est normal de tuer des animaux, l’important est qu’ils ne souffrent pas. »

Les animaux acceptent leur servitude, pourquoi les en sortir ?

«  S’occuper de la défense des animaux, c’est se détourner du vrai combat. »

« Il est normal de tuer des Palestiniens, l’important est qu’ils ne souffrent pas. »

Les femmes acceptent leur servitude, pourquoi les en sortir ?

«  S’occuper de la défense des migrants, c’est se détourner du vrai combat. »

La conclusion de la conférence, un peu comme celle de chaque article de ce blog est simple : il est toujours bon de lutter !vegan-confusionnsie-barre

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