[ Les tortionnaires de l’histoire Qu’est ce que le négationnisme ? ] 6/8

La Banquise : réviser le négationnisme


En 1983, paraît la revue La Banquise où se retrouvent les quatre qui ont rompu avec Pierre Guillaume à la fin 1980 et ont conservé, depuis, le silence. Les auteurs (Dauvé Quadruppani…) des articles non-signés analysent le monde à la lumière de l’ultragauche. C’est aussi, après un long silence, l’occasion de s’expliquer sur la dérive négationniste.

 

Il semble qu’il y ait eu une certaine évolution entre les N°1 (1er trimestre 1983) et 2 (2ème trimestre 1983) de La Banquise. Dans le N° 1 l’accent est mis sur une sorte de rationalisation des délires négationnistes1 du génocide ( Pierre Vidal-Naquet parle de « négationnisme discret »). Dans le N°2 on se préoccupe davantage de sauver sa peau : on s’explique sur son passé négationniste. Ou plutôt, on se défend, un peu à la manière des intellectuels collaborateurs. La similitude est troublante . Trois méthodes principales sont employées

  • La sémantique : « je l’ai dit, certes, mais cela ne voulait pas dire ce que j’ai dit.

  • La naïveté «  on ne savait pas tout »
  • Le criminel endurci » Je ne l’ai pas signé ? Ce n’est pas moi ! »

Par exemple : la sémantique, pour expliquer comment on a pu dire que les chambres à gaz étaient un mythe.

« Il faut être un imbécile qu’un mythe est un mensonge. Et il faut avoir une conception singulièrement policière de l’histoire pour s’imaginer de surcroît qu’un mensonge est toujours le fruit d’une manière de conspiration, manigancé pour servir les intérêts de tel ou tel groupe social ou géographique dans sa lutte avec les autres »2

la révision par la Banquise du négationnisme de la Vieille taupe ressemble aux idées de Le Pen recyclée par de Villiers, que Le Pen qualifiait de « Le Pen light ».

La banquise continue à suggérer que le génocide nazi est inventé, ou monté en épingle pour nous faire apprécier la démocratie

« Pour ..nous faire avaler la bonne sousoupe démocratique, on a recours à la menace du croquemitaine nazi. Pour supporter la morne horreur de son existence quotidienne, l’Européen moyen est sans cesse invité à contempler fantasmatiquement deux horreurs mythiques : dans le passé le double monstre fasciste et nazi, dans l’avenir, la menace d’une guerre nucléaire. «3

« Le camp nazi figure l’enfer d’un monde dont le paradis est le supermarché. »4

La Banquise continue à renvoyer dos à dos le fascisme et la démocratie. Les Français ont enfermé les Algériens dans des camps, le régime carcéral américain est comparable aux camps de concentration ( argument de Rassinier) , la déportation des juifs et la déportation sociale ( les pauvres en banlieue) sont comparables.

« Tout état est totalitaire »

« Il cesserait enfin d’être nécessaire de faire croire -et de croire que l’horreur de se heurter au pouvoir de l’argent qu’on n’a pas est moins horrible que l’horreur de se heurter au pouvoir d’un chef de block. »5

« Mis en fiche et carte par la Sécurité sociale et tous les organismes étatiques et paraétatiques, l’homme moderne juge particulièrement horrible et barbare le numéro tatoué sur les bras des déportés. Il est pourtant plus facile de s’arracher un lambeau de peau que de détruire un ordinateur. »6

« La démocratie est une arme capitaliste » 7

Dans la comparaison entre les démocraties capitalistes et le nazisme, qui somme toute est « normale » venant de bordiguistes, les auteurs atteignent l’ignoble en laissant entendre que la voiture tuerait plus que les camps.

Cette société tout entière mortifière [Sic : fière d’être morte?] exorcise ses mille morts banales dans la mort exceptionnelle du déporté.

 

Dauvé, à droite avec Pannekoek (montage)

C’est la conclusion d’un passage qui tente de développer l’idée suivante : le capitalisme fait davantage de mort que le nazisme, mais il est de bon ton de condamner le second parce qu’il fait exprès de faire mourir des gens. C’est établir un jugement moral, et le révolutionnaire n’a rien à faire de la morale. Et tout le passage décrit ironiquement la « déportation volontaires » des travailleurs turcs d’Allemagne qui l’été, vont en vacances dans le pays de leurs ancêtre. Le texte est plein de clichés racistes et de mépris de classe. Il décrit des ouvriers de l’automobile qui achètent les voitures qu’ils ont fabriquées et les bourrent de bagages, plein de ce qu’ils ont pu acheter dans le paradis capitaliste. Les auteurs semblent ignorer qu’ils feront ainsi vivre des millions de personnes restées au pays, et surtout semblent estimer que les ouvriers turcs ne pensent pas, ne savent pas analyser l’ironie de la situation. Ils semblent ignorer,que ces ouvriers immigrés savent très bien prendre ce qui les intéressent à la foire capitaliste, et rejeter ce qui les ferait se renier. Ils ignorent que lorsque les turcs achètent des télé couleurs c’est pour regarder des cassettes vidéo turques, en attendant l’arrivée des antennes satellites, ils ignorent qu’ils veillent que leurs enfants aillent dans les universités et les mosquées, ils ignorent qu’ils prennent ce qu’ils veulent de l’alimentation occidentale, en conservant les bases de leur cuisine originelle, au point un jour d’inventer le kebab, appelé à devenir un de standards de la fast food occidentale.

« Négationnistes discrets ? » Oui peut être, parce que les idées négazio sont enfouis dans un fatras de phrases ronflantes et indigestes.8 Mais une page est éclairante sur le fait que les Rapetou du vol de mémoire n’ont pas réellement fait acte de contrition. Il s’appuie sur ce que Pierre Vidal-Naquet appelle « la hantise d’une explication totale du monde9. » L’intellectuel marxiste agit comme une nation « socialiste ». Dans un tel pays, l’économie est un capitalisme dont les actionnaires, les chefs de la police, et les leaders syndicaux appartiennent au même parti. Un tel pays envahit fraternellement les pays voisins, les occupe amicalement et déporte pédagogiquement ses habitants. La différence entre un tel régime et un autre impérialiste de droite est adverbiale ! De même l’intellectuel marxiste se comporte comme s’il était l’orateur, le jury et le public. Il impose ses grilles de concept à tout sujet, à tout domaine. Ainsi  » mon beau frère s’est cassé la jambe au ski  » deviendra  »la petite bourgeoisie cherche dans les loisirs à lourd investissement capitaliste l’excitation du risque que l’État bourgeois cherche à éradiquer de cette société policée.  » Pour écrire en marxiste, il faut trouver une formulation qui sonne marxiste. C’est assez facile. Ainsi quand des marxistes soutenaient l’impérialiste colonialiste de l’Italie au début du XXe siècle, ils inventent le concept de « nation-prolétaire ». Le problème, et ce serait facile à démontrer, c’est que le jour où l’on fera revivre Karl Marx, à partir d’une chaine de son ADN, et qu’on l’aura enfermé une semaine devant une télé cablée, il ne « parlera » pas marxiste. Sa pensée, et ses mots auront évolué en fonction de la réalité présente. Le problème des fondateurs d’écoles de pensée c’est qu’ils ont peu délèves ( étymologiquement des personnes qui grandissent) qui s’éduquent (se conduisent en dehors, s’émancipe) mais des disciples qui apprent par coeur et répètent. Et c’est une rêgle en communication : la répétition d’un échangé change le message, puisque qu’un message c’est un énoncé, et un contexte d’énonciation. Dire « l’oisif ira dormir ailleurs »10 en 1870, ou en 2017, n’a pas la même signification. Sur de nombreux sujets, Marx à évolué du « jeune Marx, ou vieux Karl. Il ne dit pas la m^me chose de la Commune, à son début, et après sa fin, par exemple. De même les mots de Lenine militant révolutionnaire, sonneraient subversif dans la Russie de la Nep.11

La question que se pose un militant marxiste, avant d’analyser quoi que ce soit c’ est  » est-ce que c’est bon pour le communisme ?  »  »La Juve bat Rome 2 à zéro ; est-ce que c’est bon pour le communisme ? »12 Marx cherchait la vérité, à écrire vrai. Les marxistes cherchent à écrire marxiste. C’est ce qui fait que les anarchistes, par exemple peuvent lire et citer Marx, et ont plus de mal avec ses zélateurs.13 Donc les marxistes de la Banquise adeptes d’un négationnisme non délirant, rationnel quoi, tiennent le raisonnement suivant, au prix d’une acrobatie de saltimbanque14, : l’antinazisme nourrit l’anticommunisme. Puisqu’on disqualifie l’idéologie nazie, parce qu’elle a entraîné des millions de morts, on risque également de dévaluer le marxisme puisque des massacreurs s’en réclame. Il faut donc nier, relativiser, étouffer les morts d’un côté comme de l’autre. Nous voulons insister sur ce point, parce qu’il n’est pas cité par les gens qui analysent les raisons de la dérive de l’ultra-gauche négationniste. Et rappeler (dans la partie 1/6 du présent article) l’opinion des biographes de Garaudy15 : il n’est pas devenu négationniste bien qu’ex-stalinien, mais parce qu’ex-stalinien. [ Dans la citation suivante nous mettons en valeurs les mots qui nous semblent ressortir du négationnisme. ]

De même que c’est en projetant l’horreur du présent sur le passé que l’homme moderne saisit l’imagerie des camps, ce sont le Cambodge et les discours sur le Cambodge qui peuvent nous aider à comprendre quel spectre rôde dans les coulisses de ce théâtre des mille peurs. Pour composer un tableau horrifique de la société cambodgienne livrée à la dictature polpotienne, on a mélangé les morts dont le chiffre n’a cessé de varier de jour en jour, au point qu’une simple addition suffirait à montrer qu’il n’y a plus un seul habitant dans ce malheureux pays

De même la description des camps nazis est à l’évidence une caricature de communisme, un communisme de cauchemar : enfants arrachés à leurs parents, dépossession de tout bien matériel, absence d’autorité dégénérant en jungle, mais doublée d’une autorité despotique déclenchant des massacres, nivellement social par la destruction des intellectuels -et jusqu’à l’orgie sexuelle qu’a pu décrire un auteur aussi «sérieux» que Martin-Chauffier. Toute l’imagerie populaire des horreurs d’une révolution s’y retrouve. Le fantôme de l’opéra horrifique montre le bout de son nez, c’est le communisme. Ou plutôt l’un des aspects mythiques du communisme, son mythe négatif, qui n’est pas un mensonge et ne saurait donc être réfuté comme tel.

 

Rien n’a été retranché de cet texte qui avec ses deux parties équilibrées débutant chacune par « de même » ressemble à une traduction de l’antique un peu décadent, genre Lucréce. On notera le nombre de terme qui médiatise l’horreur (projetant, image, discours, théâtre, peur) et la mettent en doute. On reconnaît aussi la mauvaise foi propre aux négazios : si le chiffre des morts augmente « chaque jour » c’est à cause du zèle des assassins, pas de celui des médias.. On reconnaît la revendication du monopole du bon sens, propre aux négazios16 : le simple calcul qui débouche sur un résultat propre à ridiculiser « l’adversaire. Et on reconnaît l’ironie sur les auteurs « sérieux » c’est à dire reconnu par la communauté scientifique ou la société. Et donc c’est aveu : nous avons été négationnistes parce qu’il fallait dédouaner un des aspects du communisme.

 

D’ailleurs nul n’est besoin d’exégèse : les auteurs reconnaissent qu’ils lisent encore Faurisson, à qui il ne reproche que d’être trop diserts. Ils renvoient dos à dos l’antisémites et ses détracteurs.

Au risque d’ajouter encore un paradoxe, il convient donc de préciser que ce n’est pas dans les nombreuses, volumineuses et déjà poussiéreuses études de Faurisson et de ses adversaires qu’il faut chercher la «vérité» sur les chambres à gaz. A franchement parler, nous ne les lisons plus guère : nous ne sommes pas et n’avons jamais voulu devenir des super-experts de l’horreur quantifiée17

Dans le numéro 2, ils emploient le terme « exterminationnistes » qui n’est employé que par les négazios, qui voudraient faire croire qu’il s’agit de deux thèses en présence et non pas de vérité et mensonge. Quelqu’un s’attaque à Rassinier : c’est un un « antiraciste forcené » Ils reconnaissent, enfin qu’on a bien tué des juifs, mais précisent « on ne sait quel nombre »ou pire dans cet autre passage

Un très grand nombre (que nous vous laissons fixer) de Juifs, et Baader et ses camarades ont été tués par l’État allemand et le système capitaliste mondial. »

cela fait penser à la définition du complotisme prudent c’est celui qui répond «  je ne sais pas » à des questions genre « qui est responsable du 11 septembre ? », ou «a-t-on marché sur la lune ? ». la banquise est la voix des négationnistes prudents, qui , sans doute ne veulent pas insulter l’avenir et leur carrière d’intellectuels. Mais en même temps cette vision hallucinée d’un État allemand continu depuis Hitler à Merkel

Mais peut-être que lisant ces lignes les anciens de la Banquise vont se réjouir. Leur ambition première est sans doute de déplaire, de choquer le bourgeois. De recommencer à peu de frais l’opération de surréalistes ou des situationnistes , prémisse à une vie facile pleine de groupies , financée par les mécènes les à valoir des éditeurs et les cachets de conférencier. C’est ainsi qu’ils republient l’annonce d’un concours du Front national ( mouvement de résistance proche du PCF) qui demandent aux lecteurs de parier sur les condamnations des criminels de guerre18. Qu’ils esquissent une vison négazio des massacres de Pol pot.

Et ce passage qui mêle sexisme, classisme, défense de la pédophilie, fascist-porn, provocation négationniste, à tel point qu’on espère qu’il a été écrit sous l’effet d’un sniff de colle en écoutant des groupes oï

On verra tel prof d’université dans le vent réagir avec la même hystérie qu’une prolétaire si quelqu’un s’avise de jouer à touche-pipi avec son enfant. Pour l’intellectuel comme pour tous les autres, l’une des raisons qui font des camps une horreur plus horrible, c’est qu’ils ont bousculé un certain nombre de tabous occidentaux· : la mort et les cadavres, les enfants, la nudité des corps et les fantasmes sado-sexuels.19

On peut s’étonner que les auteurs de telles lignes puissent aujourd’hui plastronner, diriger des collections d’éditeurs, se voir confier des traductions, participer à des mobilisations « de gauche » etc.

Avec obligeance, les auteurs donnent un commencement d’explication à leur dérangement mental qui leur fait confondre une Porsche avec une chambre à gaz.

 

Lorsque, seul dans une pièce, on rédige un texte théorique, dans la mesure où ce texte donne une prise sur la réalité sociale, on est moins isolé des hommes que dans le métro ou au travail. L’essence de la misère sexuelle ne réside pas dans telle activité plutôt que dans telle autre 20-même si la prédominance de l’une d’entre elles peut être symptômatique (sic) -elle tient au fait qu’à dix, à ‘deux ou tout seul, l’individu est irrémédiablement séparé des autres par les rapports de concurrence, par la fatigue et par l’ennui. Fatigue du travail, ennui des rôles. Ennui de la sexualité comme activité séparée.

Je vous renvoie à Yves Coleman op.cit, ch 6, si vous voulez lire d’autres passages incriminant de La Banquise. J‘avoue que cette littérature commence à me donne renvie de gerber.

Il faut cependant dire encore qu’en 1983 Serge Quadrupanni sort  Catalogue du prêt à penser français depuis 1968 » où dans un chapitre il continue à dire en gros qu’il n’a pas encore choisi entre Faurisson et ses détracteurs. Et il donne largement la parole au négationniste. Et pour en finir avec cette épisode crapoteux de la vie d’ultragauche je voudrais reprendre une citation de Gilles Dauvé judicieusement choisie sur Wikipédia. Elle date de 1996.

« La première phrase de ma préface à Bilan 1936-1939 paru en 1979 chez 10/18 contient une énorme perle de cet acabit. Détachée du contexte, elle prête à confusion. J’y dis que « les horreurs nazies ne sont pas les pires » alors que jamais la barbarie capitaliste n’a atteint de tels sommets 21

Faudra-t-il plus de 21 ans, à nouveau, pour que l’auteur reconnaisse qu’il y a une barbarie proprement fasciste ?

1C’est ainsi que Quadruppani définit le négationnisme dans une lettre de 1980 où il rompt avec Pierre Guillaume (Yves Coleman, op.cit , chapitre 5

2Non signé

3Anonyme, L’Horreur est humaine, La Banquise n°1, 1983.

4Ibidem

5Ibidem

6Ibidem

7Coll., Le roman de nos origine, naissance du communisme moderne La Banquise n°2, 1983.

8C’est l’occasion de le dire : une des caractéristiques des négazios est qu’ils sont très ennuyeux à lire, dans leur style à mi chemin entre l’avoué balzacien, et le commissaire politique viet-minh dans un film de propagande US.

9Pierre Vidal-Naquet, op.cit

10Extrait de l’Internationale.

11Nouvelle économiqe politique, changement de cap décidé par Lenine, qui marque pour certains les prémisses du « capitalisme d’État. Lenine dit alors « le communisme c’est les soviets plus l’électricité » on traduit en général par « le socialisme d’État plus le réalisme économique ». mais, vue la manière dont Lenine a traité les soviets de Cronstadt, je traduirais par «  le communisme c’est envoyer les conseillistes à la chaise électrique. »

12Allusion à une histoire juive racontée, je crois par Pierre Vidal-Naquet : dans un shetl ( village juif en Europe de l’est) Moshe dit à Samuel

– » Buenos Aires a battu Montevido 2 à 1.  »

– » est-ce que c’est bon pour les juifs ?  » demande Samuel.

13Outre quelques taquineries à Cronstadt, en Ukraine, à Barcelone….

14Celui qui saute sur un banc, étymologiquement, contrairement au banquier qui y reste assis.

15Patience ! L’Affaire Garaudy n’intervient que dans la partie 6/6.

16Et à l’extrême droite en général. Barrès appelait le bon sens populaire « l’instinct des humbles » cf Ariane Chebel d’Appolonia, L’extrême-droite en France De Maurras à Le Pen, Bruxelles Editions Complexe, Questions au XXeS (dir. Pierre Milza). 1988, p. 41

17La Banquise N°1

18ibidem

19ibidem

20N. « Pour un monde sans morale/ L’Amour l’extase et le crime, », Ibidem,

21In Libertaires et « ultra gauche contre le négationnisme, Reflex 1996

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