Main Square : Un « vrai » intermittent est un intermittent mort

intermittentsRéponse scandaleuse du Main Square aux intermittents du Nord-Pas de Calais qui demandent si ce festival de musiques actuelles les soutient :

« Bonjour, Le Main Square Festival soutient l’action des intermittents en leur donnant du travail, et c’est ce que souhaitent les vrais intermittents : travailler. D’ailleurs 100% des intermittents qui travailleront au Main Square seront de facto non grévistes. Cordialement « 

Réponse de Georges Carlson, qui publie cette réponse sur Facebook

1- Le travail ne se donne pas. 2- Le travail ne constitue pas un soutien 3- Le travail qu’on « donne » permet à des entreprises de fonctionner. 4- Il y aurait de faux intermittents 5- Les vrais intermittents travailleront un jour gratuitement 6- Un vrai intermittent n’a pas besoin de manger, ça ne sert à rien. 7- La grève pour les gens du Main Square est la seule action possible. 8- On ne connait pas les annonces micro, les affiches, projections etc… 9- « De facto », je n’irai pas au Main Square.

Le Main Square est organisé par le géant américain Live Nation qui gére, entre autres les concerts de Madonna et U2. « Le 16 juillet 2009, rappelle Wikipédia, lors du montage du concert de Madonna au stade Vélodrome, à Marseille, un accident cause la mort de deux techniciens et des blessures graves sur plusieurs autres. Le rapport remis au juge un an plus tard est annoncé dans la presse comme « accablant »3. Les responsabilités restent à déterminer mais l’organisation est mise en cause « . Il semble que pour Live Nation, un « vrai » intermittent est un intermittent mort.D’accident ou de faim. Je vous propose d’envoyer un mail d’indignation à : helene.fenzy@livenation.fr

Ajout de 21 h 15 : Le Main Square Festival a répondu à ce billet, qui a été lu par près de 4000 personnes. Les organisateurs semblent désormais décidés à participer à une meilleure information du public sur les dangers de la réforme arbitraire du régime de l’intermittence. Si vous voulez écrire à cette pauvre Hélène Fenzy, proposez lui des idées pour que le Main Square participe, comme il le souhaite à la lutte ! Sinon l’enjeu dépasse Arras , si on en croit un article qui vient de paraître sur le site d’Europe 1   »

« Mais pourquoi les festivals de musique se ressemblent tous ? « 

Bien entendu, ce modeste blog est ouvert aux réponses de Georges Carlson ( si c’est vraiment son nom !) et des intermittents en lutte contre le diktat du Medef et l’indifférence d’une

société qui assassine les futurs Mozart les futurs Stromae, les futures Lara Fabian .

Mais pourquoi je m’énerve ?

Ajout de mercredi 17 h

6500 lecteurs ! cela prouve que beaucoup de gens se sentent concernés par la manière dont « leurs  » festivals sont organisés. Je trouve plutôt positive l’attitude du Main square, qui consiste à répondre aux critiques plutôt que les ignorer. La polémique subventions/pas de subventions trouve peut être ses racines dans le fait que le MSF a connu deux périodes. En 2004 C’est la ville d’Arras qui a demandé à France Leduc Organisation, structure lilloise, d’organisé un festival sur la Grand Place (en anglais Mains Square). Ce festival était subventionné, comme de nombreux autres évènements culturels, organisée par des « fausses associations » ou des entreprises privées. Des fausses associations, ce sont des associations loi 1901 qui sont dirigés par des salariés,  qui placent leurs grand-mères ou les potes dans le conseil d’administration. Au lieu de se partager les bénéfices on augmente son salaire… En 2005 la ville fait appel à un autre organisateur, puis revient vers France Leduc en 206. En 2007 celle ci « se plante » avec une affiche française (Tryo Indochine) et décide de s’allier avec Live Nation. Du coup on se rend compte qu’un énorme groupe américain bénéficie de subventions; en 2010, France Leduc est débarquée.

Les réponses apportée par le Main Square dans les commentaires qui suivent concernent donc la période actuelle. L’an dernier encore, des scouts ont travaillé, bénévolement,  dans le festival.

J’ai un peu travaillé comme techniciens intermittents pour les gros concerts de variétés et de rock. Il est vrai que les relations employeurs/salariés sont assez médiévales. On est embauché pour une vacation de huit, voire 4 heures. Si on refuse un boulot, si on discute un ordre on n’est pas licencié. On n’est pas rappelé c’est tout. Je suis donc assez d’accord avec ce que dit Jean-René, dans un langage fleuri ( et un mauvais emploi de l’expression « avoir bon dos » qu’il confond avec « avoir beau jeu », c’est curieux).  Mais en général les roadies ne sont pas employés par le festival mais par des sociétés de services spécialisées; Il y a en a 3 ou 4 actives dans la région. Du coup lorsque l’on veut travailler comme roadie, on n’a pas intérêt de se faire mal voir. Il me semble que les roadies sont assez peu représentés dans les syndicats et les manifestations. Ce sont pourtant eux qui sont en effet les plus exploités.

Sinon je trouve un peu triste que le Main square et les intermittents utilisent les commentaires d’un petit blog pour dialoguer. Est ce qu’en 2014 on n’est plus capable de se réunir autour d’une table et de discuter ?  Je pense que si les gens du Main Square contactent les « interluttants » ils y trouveront des interlocuteurs !

 

Ajout du 8 juillet : les photos !

ms annulé

 

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Que deviennent les Roms de la Bourse du travail ?

Voici quelques nouvelles de la centaine de personnes roms qui étaient hébergées à la Bourse du travail et on mené une lutte exemplaire d’octobre à décembre 2013 pour obtenir d’être relogés. En dépit du jugement du tribunal administratif, le préfet a jugé qu’il pouvait mettre à la rue ces familles lundi, à l’issue de la trêve hivernale. Un soutien des Roms nous donne quelques nouvelles. Image
« il n’y a plus personne à Valenciennes, Maubeuge ou Lesquin, après un mois de mars lourd niveau pressions policières

-les familles de Maubeuge et Lesquin sont pour l’instant à la charge de bénévoles, à part pour Caroline (foyer) et pour Stan & Luminata (démarches judiciaires), rien à l’horizon…

-la moitié des familles de Valenciennes se sont cotisées pour louer une maison en campagne, près de Denain. N’hésitez pas à leur rendre visite !

-l’autre moitié est soit repartie en Roumanie soit sur le camp d’Hénin-Beaumont/Montigny …. et ça craint en ce moment, mairies PS et FN travaillent main dans la main pour expulser ce camp, le plus peuplé du Pas-de-Calais (je n’ai pas pu y aller ces dernières semaines mais je compte sur la fraternité 62 pour nous tenir informé).

=> les familles hebergées à Bruay, Bethune, Cambrai et Calais sont reparties en Roumanie.

=> les familles relogées à Boulogne et Avesnes ne sont, pour l’instant, pas menacées.

=> il y a d’autres situations particulières, des bouts de familles à 4 Cantons, etc… »