Je toi lui nous vous elles ; le polyamour essai de problèmatisation anarchiste.

 

 

 

Le Polyamour une arme contre le patriarcat ? (ici une affiche de propagande nazie)
Le Polyamour une arme contre le patriarcat ? (ici une affiche de propagande nazie)

Je toi lui nous vous elles ; le polyamour essai de problématisation anarchiste.

Projeté hier à Lille, jeudi à Lyon1, le film « Lutine », accompagné par sa réalisatrice fait un tour de France, dans le circuit militant du genre. Ce film s’inscrit pourtant en territoire hétéro. Il parle du lutinage, ou polyamour/. Le polyamour est une situation, une pratique voire une manière de vivre, et quasiment une identité, dans lesquels plusieurs personnes ont des  intimate relationships  avec plusieurs personnes, sans le cacher aux différents partenaires. Le terme anglais intimate relationships peut se traduire par « relations amoureuses et/ou sexuelles », qui peuvent inclure des hétéros, des bi, des gays, des lesbiennes, des aromantiques, des abstinents, des pansexuels etc ( chacun peut ajouter son genre.) Les question que je me suis posées pendant toute la soirée portent sur la réelle nouveauté de la chose, qui ressemble beaucoup à ce que l’on appelait l’amour libre, jusqu’à l’apparition du SIDA, et , déformation militante, en quoi c’est un sujet politique, qui concerne l’espace publique, en quoi les personnes concernées ont des revendications, sont source de changement et comment cela peut s’inscrire dans l’intersectionnalité des luttes contre les dominations. Je vais dans un premier temps raconter le film et le débat pour permettre à chacun de se faire une opinion, et ensuite tenter de répondre aux questions, d’un point de vue anarchiste militant.

Ce film présente d’abord un intérêt formel. Il raconte l’histoire d’une film en train de se faire. Ce film lui même est un documentaire filmé à la manière d’une fiction, mêlant acteurs et non-acteurs, chacun rejouant des situations réelles. On a donc quatre niveaux : une première couche documentaire qui montre la difficulté de faire un film à très petit budget ( 12 000 euros), une seconde couche fictionnelle, où les différente étape de réalisations sont rejouées, par la réalisatrice, actrice-née et des acteurs représentant un amant cadreur un acteur jouant l’amant, et devenant amant etc…une troisième couche documentaire, montrant des polyamoureux qui témoignent face à la caméra, ou débattent dans un « café poly », et enfin, une quatrième couche où des acteur rejouent des témoignages de polyamoureux. De surcroît la réalisatrice a intégré des scènes de fiction totale, mais symbolisant une réalité sociale, telle que cercle hallucinant de réalisateurs anonymes, qui , à la manière de malades alcooliques se lèvent tout à tout et disent «  je m’appelle Pierre, je n’ai pas tourné depuis 15 ans… » avant que la meneuse de jeu ne désigne le réalisateur qui dirige une ronde infernale où ces cinéastes maudits se mettent en branle au cri de « moteur » en hurlant « ça tourne ». (C’est un extrait d’un film réalisé par Renaud Cohen : Au cas où je n’aurais pas la Palme d’Or  !)

Le débat qui accompagne systématiquement le film rajoute une cinquième couche, puisque les questions portent beaucoup sur ce qui est vrai, ou faux dans ce qui est dit et joué.

L’histoire personnelle de la réalisatrice, Isabelle Broué, et celle du film s’inscrivent dans le paradigme patriarcale. Cette femme très attirante a vécu une longue histoire avec un producteur de cinéma richissime. Sortie de la Femis, elle a réalisé, Tout le plaisir est pour moi un long métrage de fiction sortie en salle en 2004. Il s’agit d’une comédie féministe racontant les aventures d’une femme qui a perdu son clitoris. Le film est sans doute le seul qui a été interdit au moins de douze ans à cause de la représentation d’un clitoris par un substitut en latex ! Elle tombe enceinte au moment de la sortie du film et accouche au moment de la sortie en DVD. Elle décide de s’arrêter de travailler un peu pour s’occuper de son fils, et tombe dans le piège, comme elle dit. Dix ans plus tard, elle se considère toujours comme réalisatrice, mais n’a pas tourné de second film. Dans la scène d’ouverture du film son fils lui demande « c’est quoi un métier dont on ne vit pas. » elle essaie d’expliquer qu’on ne gagne pas sa vie avec de l’argent mais avec du bonheur, mais ça passe mal auprès de sa mère ( ou d’une actrice qui joue celle-ci ?). Pendant ses dix années elle a fait son chemin mental : s’intéressant – forcément- à la position dominée de la femme au sein d’un couplé hétéro, elle pousse la porte d’une des premiers cafés polyamour, et comprend qu’elle est faite pour vivre cela. Deux ans plus tard elle rencontre Loïc et et continue à vivre avec lui (et d’autres, si vous suivez!) le polyamour, au prix d’une séparation avec le père de ses (maintenant ) deux enfants. Et naît une envie de film, pour laquelle elle abandonne, et c’est éloquent, un projet de film pour Arte sur les violences psychologiques au sein du couple. 2

Ce film portera sur le polyamour, mais Isabelle ne sait pas comment on fait un film sans avoir un producteur à la maison. Avec une grande clairvoyance elle décrit la réaction attendue des banquiers ou des autres producteurs :

« Tu veux faire un film ? Le dernier c’était quand ? Il y a dix ans ? Une fiction documentaire ? Et tu joues le personnage principal ? tu as combien ? 47 ans ? … »

Dans le secteur du cinéma, comme ailleurs sont exclus rapidement les chômeurs, et les femmes d’un certain âge. Formatrice en cinéma elle se rend compte que certains élèves ont tourné plus de films qu’elle, en utilisant des téléphones portables. WAIT !

Et pourquoi pas elle ? Le film commence lorsque, filmée par l’iPhone de son compagnon elle lui explique son projet. Ensuite alternent scènes jouées comme des fictions, et scènes jouées comme des documentaires. Ce que nous appelons fiction est une comédie à la Marivaux. A aime B, mais s’autorise des aventures sans le lui cacher. Elle lui demande de jouer son propre rôle, dans un film sur les amours plurielles, mais il refuse, par peur de la réaction de « ma femme »

«  ton ex-femme « , corrige A…

A noter, parce que la question est venue pendant le débat que B est joué, dès ce moment là, par un acteur. A dit au personnage B (Gaël, joué par Mathieu Bisson) qu’elle va engager un acteur, pour jouer leurs conversations ; appelons le C (l’acteur Philippe Rebbot et le personnage Philippe) . C joue son propre rôle ( ou plutôt joue le rôle d’un acteur) et celui de B. Dans un scène emblématique et qui pourrait devenir culte chez les cinéphile A explique à B qu’elle a joué une scène ou elle a embrassé avec la langue C jouant le rôle de B, et précisément parce que c’était quelqu’un d’autre jouant le rôle de B elle y a pris plaisir. B, polyamoureux convaincu, initiateur d’A à cette ( disons) philosophie de vie, manifeste cependant un léger agacement, signe de jalousie, qu’A tente d’apaiser par un fougueux baiser. Elle décide de rejouer cette situation avec C, dans le rôle de B. Quand elle lui explique la situation, comme le fait habituellement un réalisateur avec un comédien, C sort de son rôle de professionnel ( il l’est doublement puisqu’il est un acteur qui joue un acteur) pour demander, un peu perdu, comme le spectateur3 , mais tu as vraiment dit que « tu prenais du plaisir à m’embrasser ? «  Puis ils rejouent la scène et elle se termine par un baiser bien plus fougueux que dans la « réalité » ( la réalisatrice pense que la passion ne dure que 18 mois.) Au bout d’un moment B qui filme dit

«  coupez c’est bon, je crois que ça suffit là. »

D alors demande

«  on peut la refaire là ? Pour moi ! Je ne voudrais pas que ce soit ce baiser qui soit monté et que ma femme le voit. »

Le film ne raconte que cela finalement : qu’il est naturel d’être attiré par d’autres personnes que celle que l’on aime, et que celle que l’on aime ne trouve pas ça cool en général et que l’on doit lui mentir, ce qui n’est pas cool. Il est étrange qu’un film qui mélange dans un tel vertige toutes les strates de la fiction, qui se présente comme un mensonge disant la vérité4 stigmatise autant le mensonge. Mais c’est ainsi que les pratiquants du polyamour se justifient de s’épancher sur leurs pratiquesen dehors de la chambre à coucher ou le salon d’amis : ils ont une sorte de message moral à délivrer contre les mensonges et les hypocrisie du couple. Et ils veulent témoigner à quel point ils sont heureux, sans culpabilité ni jalousie. Il faut les pousser lors du débat , et ce n’est pas dans le film, pour qu’Isabelle et Loïc émettent des revendication : le polymariage principalement ( une des témoins du film appelons la India s’est « mariée » en Angleterre avec ses deux compagnons).. Mais aussi en discutant avec les membres de polilille, la difficulté d’obtenir un prêt pour un appartement. Le parallèle que fait Loïc entre le milieu poly et le milieu LGBT est très léger. Pas de poly tabassé à mort par des flics, violé parce que poly, discriminé à l’embauche dans la recherche d’une logement. Pas d’interdiction d’adopter, pas de refus d’assistance pour la procréation. Au contraire le polyamour hétéro présenté dans le film, est un sûr remède à l’infertilité masculine, et dans un réseau polyamoureux, il serait facile trouver une mère porteuse.

En revanche ce qui fait penser au milieu gay d’il y a vingt ans, c’est la position du missionnaire, euh le prosélytisme des poly. Des militants gays et lesbiens ont longtemps nié la bisexualité, présenté comme une homosexualité non assumée, soupçon qui pesait également sur de nombreux hétéros.. Aujourd’hui, encore un camp de lesbiennes séparatiste refuse les trans. Aujourd’hui les poly ont un peu ce discours : nous sommes les seuls qui vivons bien notre sexualité. Bien dans le sens bien pour nous, mais aussi, quelque par t bien comme l’axe du Bien. Dans le film un des personnages, parlant d’une femme mise au courant par son mari de sa conversion au polyamour, et donc de ses relations extra-conjugales, demande «  mais est-ce qu’elle a demandé à le savoir ? » Cette réplique vise un effet comique, mais il y a une vérité derrière. Mais lorsque je tente de dire que des personnes peuvent se sentir mieux dans le mensonge, le non-dit, les semi-vérités etc. Isabelle fait la moue ( elle fait la moue avec beaucoup de gens!) , mais elle finit par admettre que son propos est finalement de dire que chacun doit vivre sa sexualité et ses amours comme il l’entend du moment que personne ne souffre.

A ce sujet , et ce n’est pas abordé dans le film, on eut se poser des questions sur la réalité de la libre acceptation de la situation. Anne aime Benoît mais couche parfois avec son ami Charles, qui est célibataire, et a des relations purement physique avec Denis qui a formé une famille recomposée avec Élise, qui couche souvent avec François, et qui est divorcée de Georges qui, prenant conscience de sa bisexualité couche avec Hervé, Irène, et de nombreux amants de passage. On a une dizaine de personnes impliquée, sans parler des compagn-e-ons de François, Hervé, Irène et les autres. Par quel miracle tous ces gens ont envie en même de vivre le polyamour. Mon intuition est qu’au moins un ou deux partenaire accepte la situation parce qu’ils tiennent leur situation , en souffrent et n’ont pas le droit d’exprimer cette souffrance, sous peine de passer pour un monogame, ce qui est dans ce milieu est une insulte. Cela fait penser à Deleuze décrivant le passage d’une société de la contrainte ( on est obligé ) à une société du contrôle ( on vous fait comprendre qu’il est mieux de penser ou de faire comme tout le monde, sous peine de vous exclure au groupe.) L’injonction au plaisir peut parfois être une douleur.

La question de la modernité du polyamour se pose également. L’amour libre a sans doute été pratiquée dès les origines de l’humanité. Les religions les plus anciennes décrivent des orgies continuelles entre dieux et déesses, et les religions monothéistes tentent d’endiguer ce flot de désir, ce plaisir féminin qui fait peur. Quand le Coran codifie le polythéisme c’est pour limiter à trois le nombre d’épouse que les hommes riches pouvaient alors allégrement dépasser. Le voile obligatoire, dérivant d’une interprétation hallucinatoire du Coran, montre assez la peur des chefs religieux devant la force tranquille d’une bouche de femme.Les interdits sexuels sont nombreux dans l’ancien testament et plus encore dans les écrits de saint Paul, véritable fondateur du christianisme. Il y a cinquante ans, une femme ne pouvait pas montrer ses cheveux à l’église. Sans parler, horresco referens5 de ses genoux. Au plus fort de la pudibonderie protestante victorienne, on cachait les pieds des pianos parce que le pied fait penser à la cheville, qui fait penser à la cuisse qui …ah je crois que je vais faire une attaque…

On constate que les collectifs de polyamoureux se développent très vite depuis quelques années. On peut y voir comme Isabelle, un résultat de la fin des années SIDA, qui expliquerait la possibilité offerte de nouveau de connaître des partenaires multiples, comme dans les divines années 70. Mais cela n’explique pas pourquoi les pratiquants ressentent le besoin de se regrouper de témoigner de cette manière de vivre leur sexualité. . On peut y voire l’influence des réseau sociaux et une sorte de facebookisation de la vie sociale : quand vous êtes inscrit sur Facebook vous êtes sans cesse sollicité par « des amis » pour vous inscrire dans un groupe qui a souvent pour uniquement fonction de témoigner de votre coolitude. «le groupe de ceux qui boivent toujours un verre avec le meilleur verre » ou de « ceux qui se sont pris un râteau avec une fille pas terrible. » etc. Il existe une injonction à se regrouper, et les polyamoureux n’y échappent pas.

 Un point de vue anarchiste sur le lutinage

D’un point de vue anarchiste, soulignons d’abord que c’est dans les milieux anarchistes qu’a été d’abord pratiqué, défendu et théorisé l’amour libre. C’est un des chevaux de bataille des individualistes à qui les communistes libertaire set les anarcho-syndicalistes ont parfois reproché d’être uniquement préoccupés par la chose. L’amour libre était pratiqué dans les milieux libres,6 à la Belle époque. Cela me fait penser que la plupart de ce que je trouve cool with attitude, swag, est né au sein de l’anarchisme : le syndicalisme, les squats, le végétarisme, le terrorisme, l’écologie, l’éducation alternative, la contre information, l’anti militarisme et bien sûr l’anticapitalisme et l’anti-étatisme. 2017 est quelque part le cauchemar de l’anarchie. Imaginons un anarchiste de la Belle époque qui ressuscite dans un squat. Il apprend que plein de gens pratiquent le véganisme l’amour libre etc.

– Mais alors, ça y est l’anarchie a été réalisée en France.

– Euh pas vraiment la France va bientôt être dirigée par une fasciste ou un catholique trad.

Stirner,7 dès 1844 met en pièce la morale sexuelle. E. Armand, fondateur de L‘En-dehors et de L‘Unique, illégaliste, repris de justice, insoumis, s’en inspirera pour défendre la « sexualité libre ». Il fonda « une association internationale de combat contre la jalousie »  8dont les revendication étaient les suivantes

1) Pluralité, variété, simultanéité des expériences amoureuses

2) « ménages » à plusieurs ou « foyers » multiples.

3) Milieux de « vie en commun » colonies, basées sur le « toutes à tous, tous à toutes ».

4 Échanges de compagnes, compagnons, enfants entre associations de cohabitants

5) coopératives de camaraderie amoureuse ou érotique. 9

Il défendait l’homosexualité et le naturisme. Il eut peu de retentissement dans le milieu anarchiste, assez puritain.

Les anarchistes ont tôt critiqué l’institution du mariage sur des bases rationnelles et politiques

« il est anti-naturel de se lier éternellement à un être quelconque »

proclame une brochure publiée par une « colonie libertaire »10. tandis que Mounier, dont on voit bien à son langage qu’il est communiste libertaire dit

«  La femme doit rester toute sa vie digne de disposer de son corps qui est son bien propre. »11.

Mais ce qui est visé avant tout, c’est l’institution du mariage, base de la société inégalitaire et oppressive. L’amour libre s’entend en résonance avec l’éducation des enfants en commun dans les colonies libres, l’éducation alternative etc. C’est avant la lettre, une remis en cause du patriarcat. En cela le polyamour est intéressant, puis qu’il bat en brèche le couple. Mais il ne le l’abat pas. Le film s’ouvre par une scène de petit déjeuner de famille recomposée, comme on en voit dans les publicité ( je savais bien que l’ami Ricoré était un polyamoureux, ce type qui se pointe au p’tit dej…) . Au cours du débat, comme pensant le film, l’accent est mis par les polyamoureux sur le fait qu’ils aiment leurs enfants et les élèvent comme tout le monde. La seule différence est qu’Isabelle demande à son fils (11 ans)

« Plus tard tu seras polyamoureux ou monogame » ?

il faudrait que les polyamoureux comprennent que ce contre quoi ils luttent, en gros le patriarcat se transmet par l’éducation traditionnelle. C’est l ‘éducation qu’il faut supprimer. Sauf celle que tout parent reçois de ses enfants. Isabelle peut le comprendre, ce sont ses élèves qui lui ont appris que l’on pouvait faire un film sans argent.

Le travail, la patrie la famille est le socle sur lequel s’appuie le capitalisme qui a besoin de des travailleurs pour produire, de l’État pour l’aider dans son expansion, de la famille pour consommer, et transmettre les valeurs de la consommation, du nationalisme, du travail. Toute attaque est bonne à prendre.

Cependant, La projection était organisée par l’association féministe Chez Violette, et je me demande encore en quoi ce film est féministe. Comme je l’ai déjà signalé la réalisatrice montre son manque de solidarité avec les femmes qui peuvent être blessée par une relation polyamoureuse dans laquelle elles n’ont pas envie d’entrer. L’argument mis en avant par l’association est que le film fait le portrait d’une femme libre, épanouie, et que le polyamour lutte contre l’adultère qui est le plus souvent réalisé par les hommes. En fait je me dis qu’il y a sans doute à peu prés autant d’amants que de maîtresses et que l’argument ne tient guère. Là où le polyamour pourrait rejoindre le féminisme, c’est en dénonçant clairement le patriarcat. Cependant, des militants LGBT défendent le polyamour en le considérant comme une pratique queer.

Je pense que les militants anarchistes devraient participer aux débats organisés autour de ce film. Pour tenter d’orienter le discours vers la radicalisation. On ne peut pas être heureux au sein de l’oppression, de la domination organisée. Si le polyamour se développe et en vient à être dangereux pour l’ordre patriarcal, il sera réprimé. Les armes de l’État sont déjà prête : techniquement le polyamour est un adultère, toujours réprimé légalement. Les enfants peuvent être retirés à une mère qui vit de manière non conformiste, ( comme le raconte la chanson The Kids de Lou Reed.) Le populisme peut salir tout personne politique qui vivrait le lutinage… la meilleure défense c’est l’attaque, et la meilleure attaque c’est celle qui se fait à l’aube avant que l’ennemi ait le temps de préparer ses armes.

On peut trouver également quelque chose à apprendre par les anarchistes auprès des polyamoureux : le concept de compersion12 qui signifie « le fait d’être heureux du bonheur de la personne que l’on aime, même si on n’en est pas l’origine. » Ainsi voir sa campagne embrasser un autre doit réjouir si elle se réjouit. Consciemment ou non, Isabelle en fait un modèle économique. Elle demande un prix libre à la sortie de la projection en disant

«  votre contributions financeront la projection de Lyon, comme celles des Marseillais ont permis la vôtre. »

un chercheur a montré que le prix libre rapporte plus quand on dit «  versez ce que vous voulez pour financer le repas, l’entrée du suivant ». et les patrons de bistrot qui pratiquent le café suspendu ( un client paie un café qu’il ne boit pas et que le prochain qui le demande pourra boire gratuitement) ne font pas une mauvaise affaire . Il me semble, confusément, qu’il y a aucune leçon politique que l’on peut tirer de cela. Les anarchistes le savent bien, eux qui ont souvent sacrifié leur confort, leur liberté, leur vie, pour des générations futures vivent mieux.

Aie ! ( un anarchiste individualiste épicène).

Lutine : dossier de presse, projections à venir www.lutinelefilm.com

Chez Violette, association pratiquant la non mixité, mais pas que http://chezviolette.over-blog.org/

L’Univers, cinéma associatif géré collectivement. http://lunivers.org/

Polilille Page publique sur facebook https://www.facebook.com/polille/?fref=ts

site : http://polyamour.info/

La méduze à Lyon : https://www.facebook.com/la.meduze/

1A la Méduze

2AJOUT précision d’Isabelle : « Je m’intéresse aux violences psy dans le couple.

Donc la polyamorie m’attire au début parce que 

1. féministe, au sens égalitaire : chaque partenaire a les mêmes droits, quel que soit son âge, son sexe, son genre, son orientation sexuelle

2. moins de chances de tomber sous emprise si on a plusieurs partenaires. 

Mais je la découvre par un ami, rien à voir avec les violences psy à l’origine. 

Ni avec ma séparation. » 

3Précieux conseil de Jean-Claude Carrière, scénariste de Bunuel et prof à la Femis  : quand vous butez sur une incohérence dans votre scénario, faites le souligner par un des personnage «  mais c’est complètement ubuesque… » comme cela le spectateur se sentira moins seul à ne pas comprendre, ou à trouver bizarre que le grand blond croise sa fiancée, 20 ans après en Argentine.

4Définition de la poésie selon Cocteau. Et non de la publicité comme l’a prétendu M. Séguéla.

5« Je frémis rien que d’en parler » C’est du latin mon pote, ouais je te le dis !

6Céline Beaudet, Les Milieux libres, Les Éditions libertaires, 2006 chapitre «  De l’amour libre à l’union libre » page 124 et sequ..

7Max Stirner ( ‘1806-1856) est surtout connu pour être l’auteur de l’Unique et sa propriété, 1844 , où il fonde l’anarchisme individualiste. Inspirateur de Nietzsche, il fut en revanche combattu par Marx , qui lui consacre la plus grande partie de son Idéologie allemande.

8Cf Michel Ragon, La Voie libertaire, Plon, Terre humaine 1991

9Cité par M. Ragon, ibid

10André Lorulot, Le problème des sexes, éditions de la colonie libertaire de Saint Germain en Laye, 1908

11A. Mounier En communisme, publication de la périodique de colonie communiste d’Aiglemont, avril 1906, N°3

AJOUT : une réponse de Polylille

PolyLille Intéressant article, mais il serait bien de définir le polyamour de façon complémentaire à la vision de la réalisatrice. C’est comme si vous critiquiez un style littéraire en ne lisant qu’un seul auteur, en quelque sorte 🙂
D’ailleurs, ne serait-ce que pour aborder la question, il existe au sein du polyamour des différences de position et de vécu entre pratiques hiérarchiques et anarchiques, il est même souvent question d’anarchie relationnelle. A retenir que le film n’est en rien un documentaire exhaustif sur la question qui résumerait tout le débat politique autour du polyamour.
En matière d’oppression, je suis vraiment gêné par cette unique comparaison dédaigneuse au mouvement LGBT+. La non exclusivité génère une oppression qui se croise avec d’autres, et s’il est vrai que les moins opprimés sont ceux qui peuvent en parler le plus librement, il ne faut pas oublier que ce ne sont pas les seuls privilégiés qui la pratiquent, et que les conséquences sont réelles.

et le lien vers un article de Trans-lucide trés en faveur de l’inscription des Polys dans l’univers LGBTQIAP ( lesb, gay, bi trans, queer, indéterminé aromantique (ou asexuel ?) et pansexuel

http://uniqueensongenre.eklablog.fr/les-polyamoureuxes-font-iels-partie-de-la-communaute-lgbtqiap-mogai-a126616706

 

Dures luttes ; Les oubliées Nathalie Lemel

 

 

Ouvrière, membre de la première Internationale ouvrière; elle participe à la Commune et y crèe l’Union des femmes. Elle a été déportée en Nouvelle Calédonier avec Louise Michel.

Dures luttes les oubliées, Lucille Desmoulins

La jeune femme de Camille desmoulins guillotinée à 24 ans, en 1794  est accusée de trahison, parce qu’elle inventait des surnoms moqueurs aux puissants du jour,. On a un témoignage sur son exécution

« la veuve Hébert et celle de Camille Desmoulins, habillées d’une manière élégante, et conservant le sang-froid, parlaient ensemble »

Dures luttes : les Oubliées Jeanne-Marie

femme ou archétype, elle représente pour Rimbaud les femmes de la commune, qui ont combattu et subi la répression ( je ne suis pas sur pour la photo ! ) http://abardel.free.fr/petite_anthologie/les_mains.htm