Ce soir : une fête aider des #étudiants #lillois qui apporte un soutien aux #enfants #roms

Des étudiants se sont organisés pour apporter un soutien scolaire aux enfants roms de la métopole lilloise. Ce soir une fête est organisée pour les soutenir, concrétement en leut apportant des fournitures scolaires.

On ne peut guère m’accuser d’être trop gentil pour les gens avec qui je milite, ni pour qui que ce soit de vivant (cf mes cent derniers posts). Comme beaucoup de gens je trouve assez ennuyeux de parler des trains qui arrivent à l’heure. Et concernant les Roms originaires de Roumanie, nous (les soutiens) avons tous fait et dit beaucoup de sottises, par méconnaissance ou indifférence de ce à quoi ils aspirent réellement ( je m’inclus par courtoisie). J’étais depuis moins d’une semaine dans la lutte pro-roms que je me fâchais avec les ¾ des soutiens en décrivant sur un mail collectif les deux écueils entre lesquels nous naviguions alors : le paternalisme caritatif et l’instrumentalisation politique. Depuis j’ai découvert d’autres tares originelles : les liaisons incestueuses avec les pouvoirs locaux PS, par exemple, ou l’impudeur avec laquelle certains militants peuvent utiliser ces populations particulièrement démunies pour s’enrichir ou se tenter d’exister médiatiquement. A part ces petits scandales étouffés, il est évident que la plupart des soutiens des Roms sont des gens bien, généreux, altruistes, solidaires, qu’ils croient en Dieu, en Marx ou en la Grêve générale.

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat 

Aujourd’hui, oubliés Makhno, Maiakoski et Durutti, je suis contraint de dire du bien de jeunes communistes. Plus sérieusement, à part les milliers de morts de mon camp dont les fantômes accompagnent chacun de leurs pas, et leurs soutiens aux invasions récidivistes de l’Ukraine ou du Tibet, j’adore les militants communistes. Avec leur attachement à des slogans démodés, leurs looks improbables, et le graphisme agressif et efficace de leur matériel de communication, ce sont un peu les psychobillys de la politique. Et grâce à la folie du swing, le look front populaire tardif ou FTP pourrait revenir très fort.

L’association Epis qui organise ce soir une fête à la maison Angela Davis de Lille me semble aller dans le bon sens. Son origine vaut la peine d’être racontée. Marianne ( je cite son prénom parce qu’il est symbolique, et qu’elle est un personnage public) figurait parmi les militants régulièrement présents à la Bourse du travail où les Roms étaient hébergés à l’automne l’hiver dernier, avant d’être virés par les trotskistes. Ce jour là, elle avait accompagnée C. une très jeune maman rom à son échographie. Sur le chemin du retour C. lui demande de passer au camp proche de l’Université de Lille 1 pour dire bonjour aux amis. Sur place les deux jeunes femmes découvrent un drame : un bébé est mort, dans l’incendie d’une caravane. Les autres enfants du camp sont choqués, et Marianne décide de faire quelque chose pour eux. Elle mobilise ses camarade de l’UEC ( Union des étudiants communistes où elle a des responsabilités, je crois) et organise rapidement un grand goûter avec des jeux, des chants etc…

L’initiative crée des liens entre les enfants et les étudiants. Ceux-ci demandent à ceux-là comment ils pourraient continuer à leur être utiles. Les enfants, appuyés par des mamans, réclament du soutien scolaire. J’imagine que les parents et les enseignants qui me lisent ne le croiront pas, mais beaucoup de jeunes roms veulent réussir à l’école et ont pour ambition d’intégrer à terme des classes « normales » et non celles qui sont réservées aux « tziganes » comme ils appellent les Roms qui ne parlent pas roumain, ou sont juste originaire d’un autre village ou d’une autre « caste » 1.

Justement Marianne travaille alors à l’Afev, une association qui organise ce genre d’activité. Cependant l’Afev a du renoncer à suivre les écoliers roms, à cause des trop fréquentes expulsions de camp qui font perdre de vue les petits élèves. Donc Marianne et ses camarades se chargent eux mêmes du soutien-scolaire pour les enfants du campus En décembre c’est un père Noël roux ( et chef lillois du Mouvement des JC) qui apporte des cadeaux aux enfants ; pour la Pâques orthodoxe ( Staline relève toi!) , les jeunes communistes organisent, à la demande des enfants, une chasse aux œufs etc. Tout ça sans subventions : les manuels scolaires et les livres illustrés sont achetés par Marianne et ses amis sur les braderies, ainsi que le petit matériel. Du coup, des mamans et papas sans papiers, ont dit «  pourquoi pas nous » et les petits sans papiers ont aussi eu leur Père Noël roux, et ont droit à du soutien scolaire.

Le groupe de camarades s’est structuré en association baptisée Epis ( sous la grêle?) et a recruté des bénévoles bien au delà du milieu communiste. Les volontaires , essentiellement des étudiants de Lille 1 sont nombreux, pus nombreux que les enfants du parking. Epis propose donc aux collectifs qui suivent d’autres camps de lui signaler les besoins en soutien scolaire, et de mettre en relation les futur-e-s élèves avec les étudiant-e-s.

Je suis opposé aux subventions telles qu’elles sont gérées actuellement. Je ne connais aucun pouvoir politique, État ou collectivité locale, qui ne demande une contrepartie à ceux qu’elles subventionnent sauf lorsque ceux ci parviennent à établir un rapport de force en leur faveur et ils sont rares. Je suis favorable à la création d’un tiers secteurs : des organismes répartiteurs contrôlés par des représentants de toutes les parties concernées, transparents, ouverts aux médias et aux chambres des comptes, qui répartiraient les subventions apportées par les politiques, dans un premier temps puis percevraient eux-mêmes des impôts. La manière dont les subventions sont parvenues aux collectifs roms est scandaleuse. Les soutiens des Roms sont si peu nombreux qu’ils nous faut accepter d’avoir des ripoux parmi nous, tant qu’il semble que leur utilité dépasse leur nocivité. C’est pour cela que je me suis toujours opposé, violemment, a priori, aux subventions pour nos collectifs. Mais ma voix , et celles d’autres militants de terrain, ne pèsent guère face à celles des politiciens EELV qui sont, disons, très présents dans nos collectifs.

Mais je suis pragmatique. Puisque subventions il y a, je trouverais anormal que dans la prochaine fournée, dont les dossiers doivent être bouclés en janvier prochain, Epis soit oublié. Et je le dirai. On considère traditionnellement que Marianne est généreuse. Et il serait anormal que Marianne l’étudiante continue à financer de ses maigres deniers un devoir d’équité qui appartient à la Marianne républicaine.

J’ai encore été trop prolixe : je souhaitais juste attirer votre attention sur la soirée de ce soir. Espace Angela Davis, 74 rue d’artois Lille 18 h 30. Une ambiance conviviale est garantie, il faut juste amener du matériel scolaire en guise de droit d’entrée. J’espère que je n’ai pas trop desservi la belle initiative d’Epis par mes digressions politiques !

P.S. La présentation d’Epis par elle-même

Qui sommes nous ? 
Nous sommes une association qui aide à l’insertion de familles immigrées, notamment par un suivi scolaire des enfants. Chaque famille a son référent qui discute de l’école avec les parents et les enfants, vérifie que l’enfant a le minimum pour étudier (un cartable, des cahiers, des crayons). Nous organisons également des ateliers d’apprentissage de la lecture par le jeu pour les enfants qui le souhaitent. 

 

1Ce n’est pas le lieu pour développer cela. Vous trouverez sur le net des précisions sur ce que j’appelle des castes : les travailleurs du métal, les marchands de chevaux ( et de voitures), les musiciens… Ces divisions sont peu évoquées par les Roms eux mêmes qui ont conscience de leur caractére obsoléte. Mais elle restent importantes pour les mariages, les solidarités, l’orientation professionnelle. Un Rom connaît la caste de tous ceux qu’il fréquente ( ou refuse de fréquenter

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#Roms Expulsion Rassemblement mercredi 18 h chemin Napoléon à Hellemmes

À
  • L’Atelier Solidaire
Bonjour,
Mardi 1er juillet, l’Atelier Solidaire a rencontré Frédéric Marchand lors d’une réunion de pilotage du village d’insertion d’Hellemmes (avec des élus, le CCAS, le collectif de soutien au rroms d’Hellemmes et l’Afeji). Nous avons bien entendu abordé en fin de réunion l’expulsion des 172 personnes du chemin Napoléon. C’est le maire lui-même qui a pressé LMCU de demander cette expulsion cet été car la situation “n’est plus tenable”. Après un échange très ferme, nous avons rappelé au maire notre collaboration souvent fructueuse depuis 2010 et l’irresponsabilité du signal qui serait envoyé par l’expulsion à Hellemmes des familles après le combat pour le lieu d’accueil au parc Engrand pour 5 familles. F. Marchand a laissé une petite place pour une sortie de crise afin d’éviter une expulsion qui ferait du mal “à tout et à tous”.
Nous avions évoqué lors de précédents échanges avec certains d’entre vous l’organisation d’un rendez-vous chemin Napoléon avec les familles afin de faire le point sur la situation, d’organiser les énergies et de voir ce que l’on peut faire. Il y a plusieurs propositions à discuter, notamment:
– la construction avec les familles de toilettes sèches pour initier un mouvement de reprise en main des choses avec les associations et les citoyens engagés,
– une mobilisation,
– une interpellation des élus d’Hellemmes, de LMCU, de la préfecture,
etc..
A ce titre, nous nous réunirons mercredi 9 juillet à 18h devant les Eaux du Nord, chemin Napoléon à Hellemmes  (accès boulevard de Tournai (D146) au feu tricolore face à l’entrée de Lezennes) avec tous ceux qui refusent l’expulsion des familles sans réelles solutions viables. Il n’y a eu à ce jour aucun « diagnostic social » pourtant obligatoire depuis la Circulaire du 26 août 2012. L’idée est de nous rassembler et de concentrer nos énergies sur ce lieu auprès des familles pour éviter la reprise des expulsions dans la métropole par la nouvelle équipe LMCU (à qui un courrier a été envoyé), faire entendre et porter la voix des familles et des citoyens engagés avec elles et d’inventer encore et toujours ensemble les solutions à venir.
Pour l’Atelier Solidaire,
Yann Lafolie
L’Atelier   Solidaire
(association loi 1901)

23     rue     Gosselet
5 9 0 0 0        L i l l e
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http://lille-roms.blog.fr

Que deviennent les Roms de la Bourse du travail ?

Voici quelques nouvelles de la centaine de personnes roms qui étaient hébergées à la Bourse du travail et on mené une lutte exemplaire d’octobre à décembre 2013 pour obtenir d’être relogés. En dépit du jugement du tribunal administratif, le préfet a jugé qu’il pouvait mettre à la rue ces familles lundi, à l’issue de la trêve hivernale. Un soutien des Roms nous donne quelques nouvelles. Image
« il n’y a plus personne à Valenciennes, Maubeuge ou Lesquin, après un mois de mars lourd niveau pressions policières

-les familles de Maubeuge et Lesquin sont pour l’instant à la charge de bénévoles, à part pour Caroline (foyer) et pour Stan & Luminata (démarches judiciaires), rien à l’horizon…

-la moitié des familles de Valenciennes se sont cotisées pour louer une maison en campagne, près de Denain. N’hésitez pas à leur rendre visite !

-l’autre moitié est soit repartie en Roumanie soit sur le camp d’Hénin-Beaumont/Montigny …. et ça craint en ce moment, mairies PS et FN travaillent main dans la main pour expulser ce camp, le plus peuplé du Pas-de-Calais (je n’ai pas pu y aller ces dernières semaines mais je compte sur la fraternité 62 pour nous tenir informé).

=> les familles hebergées à Bruay, Bethune, Cambrai et Calais sont reparties en Roumanie.

=> les familles relogées à Boulogne et Avesnes ne sont, pour l’instant, pas menacées.

=> il y a d’autres situations particulières, des bouts de familles à 4 Cantons, etc… »

A Mme Viviane Reding LETTRE DE SOUTIEN AUX FAMILLES #ROMS DE #LILLE

je reproduis ici la lettre d’une association de soutien aux Roms à la vice présidente de la Commission européenne sur la persécution inouîe que subissent les militants Roms issus de la Bourse du travail

Madame Viviane REDING

Vice-Présidente Commission Européenne

rue des Lois. B – 1049 – BRUXELLES

Madame la Vice-Présidente,

Nous avons l’honneur de vous saisir en urgence, au titre de notre association « Sang pour Sans » de défense des sans droits, pour vous demander de bien vouloir examiner la légalité des mesures de rétorsion administrative et policière sans précédent que prend depuis janvier dernier le préfet du Nord, Mr BUR, contre les 116 Roumains roms (sur 120) qui ont gagné les 26 et 27 décembre au Tribunal administratif de Lille (suite à leur évacuation, le 28 octobre, du Campus de l’Université de Lille) un référé liberté hébergement l’obligeant à les reloger.Tout d’abord, condamné à leur proposer une structure d’hébergement par le tribunal administratif, le Préfet du Nord les a dispersés tous en dehors et très loin de la métropole lilloise où ils avaient la possibilité de survivre par leur connaissance du terrain pour récupérer des déchets ménagers et les revendre, et où ils auraient pu plus facilement trouver du travail, à compter de la levée des mesures transitoires le 1.1.2014. L’hébergement qui leur a été proposé est en effet très précaire et provisoire, et prend fin le 31 mars prochain. Ensuite, le Préfet du Nord a aussitôt, tout début janvier, fait délivrer des OQTF (obligations de quitter sous un mois le territoire français) par la Police des frontières de façon massive (ce qui est illégal) et sans argument légitime aux 116 concitoyens roumains ayant gagné ces référés, des OQTF, alors même qu’ils s’inscrivaient à Pôle emploi pour chercher du travail – ce qui jusqu’au 1.1.2014 leur était interdit, sauf avec titre de séjour, par les mesures spécifiques transitoires édictées en 2007 contre nos concitoyens roumains et bulgares – et ne touchent ni RSA, ni allocation familiale, ni aide alimentaire du Conseil Général, ni la plupart du temps aide médicale d’Etat.Ces mesures de délivrance massive et sans raison d’OQTF dès janvier à ces 116 Roms « victorieux » se voient suivies ce mercredi 5 mars 2014 à 11H par la délivrance à TOUS d’assignations à résidence avant éloignement du territoire français.Or, ces citoyens européens ne sont auteurs d’aucun délit, ne constituent pas de trouble à l’ordre public ni de menace, et ont engagé depuis leur arrivée en France comme migrants libres de circuler de nombreux efforts d’insertion scolaire, sociale, et professionnelle, chaque fois détruits par les évacuations policières de leurs installations provisoires, sans se voir proposer aucun diagnostic social ni aucune solution de relogement, de scolarisation des enfants, de suivi médical et social, d’insertion professionnelle, contrairement aux dispositions de la Circulaire Interministérielle du 26 août 2012, signée par sept ministres, pour répondre aux attentes de la Commission Européenne, et contrairement à l’engagement de la France dans le cadre de la Stratégie Nationale d’Intégration des Roms qu’elle a signée sous l’impulsion de la Commission Européenne.

Plus précisément, ces mesures de répression administrative et policière exceptionnellement dures, qui ne sont autorisées que de façon très limitée par la Directive européenne 2004/38, nous semblent non fondées en l’occurrence, comme le rappellent les décisions sur ce sujet de la Cour européenne de Justice, notamment celle du 20 septembre 2001 qui limite de façon stricte les entraves à la libre circulation des citoyens européens au sein de l’Union Européenne. Aussi nous vous saisissons en vue d’examiner la conformité des mesures massives et répressives d’éloignement du territoire français prises par le Préfet du Nord à l’encontre de ces migrants dits « Roms ». Elles nous semblent en effet constituer une violation grave et répétée, mais injustifiée et non fondée, des droits fondamentaux de ces concitoyens européens et du droit français et européen en matière de libre circulation et établissement. Enfin, dernier point important à nos yeux, le caractère massif, indifférencié et non individuellement justifié des mesures d’éloignement prises comporte de toute évidence une dimension de ciblage ethnique caractérisée. Ce ciblage ethnique est absolument interdit tant par la Constitution française que par la Charte Européenne des Droits Fondamentaux. Il s’assimile en effet sans le dire à une persécution et une discrimination de type racial, mots lourds de sens, mais qui, à notre humble avis de citoyens européens avertis de notre histoire commune, sont les seuls aptes à qualifier le procédé.Vous remerciant d’avance de bien vouloir accorder une attention particulière et donner une suite favorable à notre saisine, nous vous prions d’agréer, Madame la Vice- Présidente de la Commission Européenne, l’assurance de notre considération distinguée.

Stéphane BRAILLY, secrétaire

Evelyne PERRIN 

Association Sang pour SansAssociation SANG POUR SANS

13 rue Edmond Rostand

94500-Champigny sur Marnesangpoursans@gmail.com

Projet de charte de l’inter-collectif Roms régional

Les conditions d’accueil faites aux Roms en France et, en ce qui nous concerne, dans le NORD PAS DE CALAIS , génèrent des conditions de vie  dégradantes, d’une extrême  précarité. Les droits fondamentaux de la personne y sont pour l’essentiel ignorés ou bafoués. Les possibilités d’insertion professionnelle et sociale des familles concernées sont très réduites. Les pouvoirs publics dans la quasi totalité des situations manquent à leur devoir et obligations élémentaires. L’existence des bidonvilles est mal acceptée par les habitants riverains. « Les Roms » considérés indistinctement sont rejetés par une large partie de la population.

Depuis plusieurs années, différents collectifs locaux, associations et individus agissent auprès des familles Roms dans le Nord Pas de Calais. En 2014, ils ont décidés de se constituer en « inter-collectif ») avec le but explicite de faire vivre les principes  et valeurs  universels d’égale dignité » des personnes et de « fraternité »

 Champ des Interventions possibles de la Coordination

-toutes les initiatives concernant les besoins élémentaires et domaines majeurs de la vie, santé, éducation, logement, travail, et liberté de circulation

-toutes les initiatives visant  l’autonomie des personnes Roms afin qu’elles soient en capacité de faire valoir et défendre elle- mêmes leurs droits et intérêts.

-la sensibilisation et l’information sur la situation et les conditions de vie des Roms,

-la connaissance mutuelle de nos cultures et sociétés en favorisant des échanges et manifestations à caractère culturel

-la prise en compte des domaines de la » solidarité européenne » et internationale favorisant l’accueil et l’inclusion des Roms

-les échanges avec d’autres réseaux agissant avec les Roms, les migrants , et les précaires.

Les moyens de la Coordination

-La mutualisation des informations et services susceptibles de renforcer les initiatives et interventions des groupes,et le cas échéant décider d’actions communes

-l’interpellation des responsables politiques,administratifs,associatifs,de la société civile pour leur rappeler la loi et le droit commun,(en particulier par la mise en oeuvre de la circulaire interministérielle du 26 Aout 2012)

-Des temps de rencontre, d’échanges et de débats pour approfondir et mieux mettre en œuvre nos valeurs et objectifs communs

-La lutte contre les préjugés, idées reçues, rejets des Roms, formes de xénophobie et racisme à leur égard.

Les parties prenantes de la Coordination s’engagent à faire vivre entre elles les valeurs de solidarité et de Fraternité qu’elles revendiquent vis à vis des Roms

On peut aussi lire ma proposition de charte qui na pas été retenue

#Roms comment Valls a contourné le droit de vote des Européens

.Fin décembre l’inscription de Roms sur les listes électorales de Villeurbane (banlieue de Lyon) avait créé un certain buzz sur les réseaux sociaux. Parfois un commentaire de démocrate se réjouissant de cette étape franchie dans l’insertion républicaine d’une population discriminée, souvent des  messages haineux, de racistes s’indignant « bientôt ils auront des élus ! ». L’enthousiasme et le dépit étaient tous deux prématurés. La commission électorale de la célèbre cité rhodanienne (où est née il y a 30 ans,  la Marche dite « des Beurs » en réalité Pour l’Egalité et contre le racisme) a refusé d’inscrire les Roms sur la liste complémentaire des étrangers autorisés à voter aux municipales, tout en acceptant qu’ils votent pour les Européennes. La ville n’a fait, en réalité,  qu’appliquer une circulaire inique du ministère de l’Intérieur. J’ai fouillé dans le code électoral pour comprendre comment Manuel Valls a joué ce nouveau tour au Roms.

 

 

 

Lisons d’abord un article de Stéphane Cottin qui fut documentaliste juridique au Conseil constitutionnel et aujourd’hui chargé de mission Développement des systèmes d’information et Valorisation des ressources documentaires au cabinet du Secrétaire général du Gouvernement. Tout ça pour dire qu’il ne s’agit du blog d’un ignare en droit public.

 

Les SDF peuvent-ils voter?

 

IL faut qu’ils aient demandé le rattachement à une commune. Juridiquement, c’est simple, il faut être rattaché à un organisme d’accueil: les centres communaux d’action sociale et tous les organismes agréés. Énormément d’organismes caritatifs servent de boîte aux lettres –s’ils sont agréés par la préfecture, et qu’un SDF y est domicilié depuis six mois, cela vaut attestation de domicile. Le CCAS (centre communal d’action sociale) vérifiera si le SDF en question a six mois de domiciliation dans l’organisme d’accueil.

 

Ça c’est valable pour tous les SDF, (sous-entendu français). Donc regardons la partie relative aux citoyens ressortissant de l’UE (Union européenne).

 

Droit de vote des citoyens de l’UE

 

Un citoyen de l’Union européenne qui réside en France peut participer aux élections municipales et aux élections européennes dans les mêmes conditions qu’un électeur français. Pour exercer ce droit de vote, il doit être inscrit sur les listes électorales et remplir les conditions d’âge et de capacité juridique.

 

Il faut remplir les conditions suivantes :

 

être âgé d’au moins 18 ans,

 

habiter en France,

 

être ressortissant d’un pays de l’Union européenne,

 

et jouir de ses droits civils et politiques

 

Donc c’est simple « dans les mêmes conditions qu’un électeur français » donc un SDF européen doit être traité comme un SDF français. Eh bien non ! Le ministère a glissé une petite quenelle aux Roms, comme à tous les SDF européens qui vivent en France.

 

Lisons maintenant la circulaire du 25 juillet 2013 du ministère de l’Intérieur. Comme on l’a rappelé dernièrement à l’occasion des facéties ignobles de Dieudonné, une circulaire n’a pas d’effet contraignant. Elle est sensée rappeler la loi aux fonctionnaires et parfois aux élus qui doivent l’appliquer. C’est une explication de texte comme celle de M. Cottin Elle cite les mêmes textes que lui, et arrive aux mêmes conclusions sauf que.

 

Les dispositions applicables aux personnes sans domicile fixe ne sont pas applicables pour l’établissement des listes complémentaires en vue des élections municipales (l’article LO 227‑3 ne rendant pas applicable l’article L. 15‑1 qui a été introduit après le 26 mai 1998) mais le sont en revanche pour l’établissement des listes en vue des élections européennes.

 

Du coup les élus et techniciens chargés des listes électorales sont fixés. Mais si on va plus loin, on se rend compte du tour de passe-passe du ministère.   l’article LO 227‑3  ( de la loi du 25 mai 1998) précise que sont applicables « Les dispositions des articles L. 15 à L. 17, (…)  dans leur rédaction en vigueur à la date de publication de la loi organique n° 98-404 du 25 mai 1998 ». N’importe qui comprend que cela veut dire que l’on doit appliquer les dispositions dans l’état où elles sont, à partir du jour où une nouvelle loi est votée, mais ce n’est pas dit comme ça.  

 

En 2007, on modifie de nouveau le code électoral, en introduisant les dispositions propres aux SDF telles que M. Cottin les expose plus haut. On oublie de modifier l’article LO 227‑3 , qui devrait inclure les modifications demandés par les élus. C’est de ce vide juridique que le ministère s’est autorisé pour préconiser de ne pas inscrire les Roms. J’imagine le sous chef de bureau chenu ou le jeune énarque tout fier d’avoir trouvé cela.

 

Un autre ministre aurait pu recommander le contraire. Et à mon avis c’est attaquable au T.A.

 

Le RSA est un droit de #Roms !

La levée des mesures transitoires donne des ailles à certains soutiens des Roms. Certains me demandent si les Roms pourront bénéficier du RSA et de l’APL. La réponse est oui mais avec des conditions qui rendent l’exercice de ces droits difficiles pour le moment.

Se munir des textes

La note de Romeurope et du Gisti est très claire sur le sujet, pour quiconque connait un peu la logique des prestations sociales. Il faut imprimer cette notes et la photocopier en multiples exemplaires (c’est gratuit à Pôle Emploi !) . elle permet de donner des arguments légaux aux agents de la CAF et autres organisateurs de la misère, qui ont toujours, par prudence, tendance à refuser des droits aux étrangers. A ce propos, on peut aussi consulter avec profit le mini guide des CAFards de Montreuil, ne serait-ce que pour l‘attitude qu’ils préconisent : s’attendre à des rebuffades, ne rien lâcher, être persuadé d’avoir le droit de son côté afin de convaincre l’adversaire.

Sinon tout est écrit noir sur blanc sur les sites gouvernementaux, il faut un peu fouiller, mais une fois qu’on a trouvé l’information, elle est bonne à imprimer pour la mettre sous le nez du guichetier qui dit «  Je crois que ça va pas être possible »

RSA

Par exemple celui-ci. Pour qu’un étranger européen puisse bénéficier du RSA il faut

1  Qu’il réside en France  et qu’il bénéficie d’un droit au séjour depuis au moins 3 mois au moment de la demande ou

2 Qu’il  exerce ou a exercé une activité professionnelle déclarée en France et être au moment de la demande :

o   en arrêt de travail pour maladie,

o   ou en formation professionnelle,

o   ou sans emploi et inscrit à Pôle emploi.

Le cas n°1 concerne la majorité des personnes Roms. Si je comprends bien la note de Romeurope, tout Rom qui peut prouver qu’il cherche du travail bénéficie de facto d’un droit au séjour.. (Je préconiserais cependant de faire la demande d’un titre de séjour, qui prouve l’existence de ce droit, auprès de la Préfecture.). Donc à partir de N+3 mois ( N étant la date d’inscription à Pôle emploi), le « travailleur » peut faire sa demande. Cependant, comme le rappelle Romeurope, la France considère que le droit au séjour est caduque au bout de six mois. Sauf si le travailleur démontre qu’i cherche vraiment du travail et qu’il est employable. On voit qu’il y a là matière à interprétation raciste. En gros, tu as six mois pour trouver du boulot, sinon dehors ! Attention les OQTF ‘obligation de quitrr le territoire frnçais) existent toujours.  Donc, les Roms ont une fenêtre étroite pour demander et recevoir du RSA.

La contre-attaque, pour les soutiens des Roms se situe dans la jurisprudence, détaillée par la note. Ce que Romeurope ne peut pas dire ouvertement, chacun peut y penser.  Il suffirait qu’une asso emploie un rom 6 h par semaine, voire lui procure un stage rémunéré comme la loi le permet au tiers du Smic. Cela peut prolonger indéfiniment la présence de la personne Rom. Et elle peut continuer à percevoir le RSA en complément de la rémunération. Un particulier peut également employer une personne Roms pour quelques heures par semaines. Les administrations et certains gros comités d’entreprise procurent des chèques emploi service aux salariés à bas coût.  

Allocations familiales :

Concernant les enfants, c’est un peu compliqué. Ne sont pris en compte, pour les prestations familiales classiques que ceux qui sont nés en France, et ceux qui ont fait l’objet d’une procédure de « regroupement familial ». Sinon rien n’empêche les étrangers de toucher les allocs. Il est écrit « Croissez et multipliez »

APL et autres offres au logement.

En principe il n’y a aucune raison pour en exclure des étrangers en situation régulière. Il me semble donc possible à un soutien qui héberge une famille rom de percevoir l’APl qui peut se situer autour de 300 euros. Rien n’oblige un propriétaire à réclamer un loyer supérieur à l’APL. En cas de visite domiciliaire ‘(je ne sais pas pourquoi mais je le sens bien, s’agissant de Roms) il faudra montrer que la famille ou la personne bénéficie bien d’une chambre indépendante (minimum 9 m2 pour 1 personne, 16 m2 pour deux etc.) Et ne surtout pas dire par exemple qu’on reverse une partie de l’Apl aux locataires !

Accumuler les preuves

Il faut penser dés maintenant lorsqu’on est Rom a accumuler les preuves de présence en France. Au bout de cinq ans sans interruption de plus de 6 mois, il recevra un titre de séjour permanent. Il faut donc tout garder qui fasse preuve, demander des tampons à Pôle emploi, des factures nominatives dans les stations services, voire dansles bistrots. Il faut agir en huissier, face à l’adminsitration.