[ Les tortionnaires de l’histoire Qu’est ce que le négationnisme ? ] 6/8

La Banquise : réviser le négationnisme


En 1983, paraît la revue La Banquise où se retrouvent les quatre qui ont rompu avec Pierre Guillaume à la fin 1980 et ont conservé, depuis, le silence. Les auteurs (Dauvé Quadruppani…) des articles non-signés analysent le monde à la lumière de l’ultragauche. C’est aussi, après un long silence, l’occasion de s’expliquer sur la dérive négationniste.

 

Il semble qu’il y ait eu une certaine évolution entre les N°1 (1er trimestre 1983) et 2 (2ème trimestre 1983) de La Banquise. Dans le N° 1 l’accent est mis sur une sorte de rationalisation des délires négationnistes1 du génocide ( Pierre Vidal-Naquet parle de « négationnisme discret »). Dans le N°2 on se préoccupe davantage de sauver sa peau : on s’explique sur son passé négationniste. Ou plutôt, on se défend, un peu à la manière des intellectuels collaborateurs. La similitude est troublante . Trois méthodes principales sont employées

  • La sémantique : « je l’ai dit, certes, mais cela ne voulait pas dire ce que j’ai dit.

  • La naïveté «  on ne savait pas tout »
  • Le criminel endurci » Je ne l’ai pas signé ? Ce n’est pas moi ! »

Par exemple : la sémantique, pour expliquer comment on a pu dire que les chambres à gaz étaient un mythe.

« Il faut être un imbécile qu’un mythe est un mensonge. Et il faut avoir une conception singulièrement policière de l’histoire pour s’imaginer de surcroît qu’un mensonge est toujours le fruit d’une manière de conspiration, manigancé pour servir les intérêts de tel ou tel groupe social ou géographique dans sa lutte avec les autres »2

la révision par la Banquise du négationnisme de la Vieille taupe ressemble aux idées de Le Pen recyclée par de Villiers, que Le Pen qualifiait de « Le Pen light ».

La banquise continue à suggérer que le génocide nazi est inventé, ou monté en épingle pour nous faire apprécier la démocratie

« Pour ..nous faire avaler la bonne sousoupe démocratique, on a recours à la menace du croquemitaine nazi. Pour supporter la morne horreur de son existence quotidienne, l’Européen moyen est sans cesse invité à contempler fantasmatiquement deux horreurs mythiques : dans le passé le double monstre fasciste et nazi, dans l’avenir, la menace d’une guerre nucléaire. «3

« Le camp nazi figure l’enfer d’un monde dont le paradis est le supermarché. »4

La Banquise continue à renvoyer dos à dos le fascisme et la démocratie. Les Français ont enfermé les Algériens dans des camps, le régime carcéral américain est comparable aux camps de concentration ( argument de Rassinier) , la déportation des juifs et la déportation sociale ( les pauvres en banlieue) sont comparables.

« Tout état est totalitaire »

« Il cesserait enfin d’être nécessaire de faire croire -et de croire que l’horreur de se heurter au pouvoir de l’argent qu’on n’a pas est moins horrible que l’horreur de se heurter au pouvoir d’un chef de block. »5

« Mis en fiche et carte par la Sécurité sociale et tous les organismes étatiques et paraétatiques, l’homme moderne juge particulièrement horrible et barbare le numéro tatoué sur les bras des déportés. Il est pourtant plus facile de s’arracher un lambeau de peau que de détruire un ordinateur. »6

« La démocratie est une arme capitaliste » 7

Dans la comparaison entre les démocraties capitalistes et le nazisme, qui somme toute est « normale » venant de bordiguistes, les auteurs atteignent l’ignoble en laissant entendre que la voiture tuerait plus que les camps.

Cette société tout entière mortifière [Sic : fière d’être morte?] exorcise ses mille morts banales dans la mort exceptionnelle du déporté.

 

Dauvé, à droite avec Pannekoek (montage)

C’est la conclusion d’un passage qui tente de développer l’idée suivante : le capitalisme fait davantage de mort que le nazisme, mais il est de bon ton de condamner le second parce qu’il fait exprès de faire mourir des gens. C’est établir un jugement moral, et le révolutionnaire n’a rien à faire de la morale. Et tout le passage décrit ironiquement la « déportation volontaires » des travailleurs turcs d’Allemagne qui l’été, vont en vacances dans le pays de leurs ancêtre. Le texte est plein de clichés racistes et de mépris de classe. Il décrit des ouvriers de l’automobile qui achètent les voitures qu’ils ont fabriquées et les bourrent de bagages, plein de ce qu’ils ont pu acheter dans le paradis capitaliste. Les auteurs semblent ignorer qu’ils feront ainsi vivre des millions de personnes restées au pays, et surtout semblent estimer que les ouvriers turcs ne pensent pas, ne savent pas analyser l’ironie de la situation. Ils semblent ignorer,que ces ouvriers immigrés savent très bien prendre ce qui les intéressent à la foire capitaliste, et rejeter ce qui les ferait se renier. Ils ignorent que lorsque les turcs achètent des télé couleurs c’est pour regarder des cassettes vidéo turques, en attendant l’arrivée des antennes satellites, ils ignorent qu’ils veillent que leurs enfants aillent dans les universités et les mosquées, ils ignorent qu’ils prennent ce qu’ils veulent de l’alimentation occidentale, en conservant les bases de leur cuisine originelle, au point un jour d’inventer le kebab, appelé à devenir un de standards de la fast food occidentale.

« Négationnistes discrets ? » Oui peut être, parce que les idées négazio sont enfouis dans un fatras de phrases ronflantes et indigestes.8 Mais une page est éclairante sur le fait que les Rapetou du vol de mémoire n’ont pas réellement fait acte de contrition. Il s’appuie sur ce que Pierre Vidal-Naquet appelle « la hantise d’une explication totale du monde9. » L’intellectuel marxiste agit comme une nation « socialiste ». Dans un tel pays, l’économie est un capitalisme dont les actionnaires, les chefs de la police, et les leaders syndicaux appartiennent au même parti. Un tel pays envahit fraternellement les pays voisins, les occupe amicalement et déporte pédagogiquement ses habitants. La différence entre un tel régime et un autre impérialiste de droite est adverbiale ! De même l’intellectuel marxiste se comporte comme s’il était l’orateur, le jury et le public. Il impose ses grilles de concept à tout sujet, à tout domaine. Ainsi  » mon beau frère s’est cassé la jambe au ski  » deviendra  »la petite bourgeoisie cherche dans les loisirs à lourd investissement capitaliste l’excitation du risque que l’État bourgeois cherche à éradiquer de cette société policée.  » Pour écrire en marxiste, il faut trouver une formulation qui sonne marxiste. C’est assez facile. Ainsi quand des marxistes soutenaient l’impérialiste colonialiste de l’Italie au début du XXe siècle, ils inventent le concept de « nation-prolétaire ». Le problème, et ce serait facile à démontrer, c’est que le jour où l’on fera revivre Karl Marx, à partir d’une chaine de son ADN, et qu’on l’aura enfermé une semaine devant une télé cablée, il ne « parlera » pas marxiste. Sa pensée, et ses mots auront évolué en fonction de la réalité présente. Le problème des fondateurs d’écoles de pensée c’est qu’ils ont peu délèves ( étymologiquement des personnes qui grandissent) qui s’éduquent (se conduisent en dehors, s’émancipe) mais des disciples qui apprent par coeur et répètent. Et c’est une rêgle en communication : la répétition d’un échangé change le message, puisque qu’un message c’est un énoncé, et un contexte d’énonciation. Dire « l’oisif ira dormir ailleurs »10 en 1870, ou en 2017, n’a pas la même signification. Sur de nombreux sujets, Marx à évolué du « jeune Marx, ou vieux Karl. Il ne dit pas la m^me chose de la Commune, à son début, et après sa fin, par exemple. De même les mots de Lenine militant révolutionnaire, sonneraient subversif dans la Russie de la Nep.11

La question que se pose un militant marxiste, avant d’analyser quoi que ce soit c’ est  » est-ce que c’est bon pour le communisme ?  »  »La Juve bat Rome 2 à zéro ; est-ce que c’est bon pour le communisme ? »12 Marx cherchait la vérité, à écrire vrai. Les marxistes cherchent à écrire marxiste. C’est ce qui fait que les anarchistes, par exemple peuvent lire et citer Marx, et ont plus de mal avec ses zélateurs.13 Donc les marxistes de la Banquise adeptes d’un négationnisme non délirant, rationnel quoi, tiennent le raisonnement suivant, au prix d’une acrobatie de saltimbanque14, : l’antinazisme nourrit l’anticommunisme. Puisqu’on disqualifie l’idéologie nazie, parce qu’elle a entraîné des millions de morts, on risque également de dévaluer le marxisme puisque des massacreurs s’en réclame. Il faut donc nier, relativiser, étouffer les morts d’un côté comme de l’autre. Nous voulons insister sur ce point, parce qu’il n’est pas cité par les gens qui analysent les raisons de la dérive de l’ultra-gauche négationniste. Et rappeler (dans la partie 1/6 du présent article) l’opinion des biographes de Garaudy15 : il n’est pas devenu négationniste bien qu’ex-stalinien, mais parce qu’ex-stalinien. [ Dans la citation suivante nous mettons en valeurs les mots qui nous semblent ressortir du négationnisme. ]

De même que c’est en projetant l’horreur du présent sur le passé que l’homme moderne saisit l’imagerie des camps, ce sont le Cambodge et les discours sur le Cambodge qui peuvent nous aider à comprendre quel spectre rôde dans les coulisses de ce théâtre des mille peurs. Pour composer un tableau horrifique de la société cambodgienne livrée à la dictature polpotienne, on a mélangé les morts dont le chiffre n’a cessé de varier de jour en jour, au point qu’une simple addition suffirait à montrer qu’il n’y a plus un seul habitant dans ce malheureux pays

De même la description des camps nazis est à l’évidence une caricature de communisme, un communisme de cauchemar : enfants arrachés à leurs parents, dépossession de tout bien matériel, absence d’autorité dégénérant en jungle, mais doublée d’une autorité despotique déclenchant des massacres, nivellement social par la destruction des intellectuels -et jusqu’à l’orgie sexuelle qu’a pu décrire un auteur aussi «sérieux» que Martin-Chauffier. Toute l’imagerie populaire des horreurs d’une révolution s’y retrouve. Le fantôme de l’opéra horrifique montre le bout de son nez, c’est le communisme. Ou plutôt l’un des aspects mythiques du communisme, son mythe négatif, qui n’est pas un mensonge et ne saurait donc être réfuté comme tel.

 

Rien n’a été retranché de cet texte qui avec ses deux parties équilibrées débutant chacune par « de même » ressemble à une traduction de l’antique un peu décadent, genre Lucréce. On notera le nombre de terme qui médiatise l’horreur (projetant, image, discours, théâtre, peur) et la mettent en doute. On reconnaît aussi la mauvaise foi propre aux négazios : si le chiffre des morts augmente « chaque jour » c’est à cause du zèle des assassins, pas de celui des médias.. On reconnaît la revendication du monopole du bon sens, propre aux négazios16 : le simple calcul qui débouche sur un résultat propre à ridiculiser « l’adversaire. Et on reconnaît l’ironie sur les auteurs « sérieux » c’est à dire reconnu par la communauté scientifique ou la société. Et donc c’est aveu : nous avons été négationnistes parce qu’il fallait dédouaner un des aspects du communisme.

 

D’ailleurs nul n’est besoin d’exégèse : les auteurs reconnaissent qu’ils lisent encore Faurisson, à qui il ne reproche que d’être trop diserts. Ils renvoient dos à dos l’antisémites et ses détracteurs.

Au risque d’ajouter encore un paradoxe, il convient donc de préciser que ce n’est pas dans les nombreuses, volumineuses et déjà poussiéreuses études de Faurisson et de ses adversaires qu’il faut chercher la «vérité» sur les chambres à gaz. A franchement parler, nous ne les lisons plus guère : nous ne sommes pas et n’avons jamais voulu devenir des super-experts de l’horreur quantifiée17

Dans le numéro 2, ils emploient le terme « exterminationnistes » qui n’est employé que par les négazios, qui voudraient faire croire qu’il s’agit de deux thèses en présence et non pas de vérité et mensonge. Quelqu’un s’attaque à Rassinier : c’est un un « antiraciste forcené » Ils reconnaissent, enfin qu’on a bien tué des juifs, mais précisent « on ne sait quel nombre »ou pire dans cet autre passage

Un très grand nombre (que nous vous laissons fixer) de Juifs, et Baader et ses camarades ont été tués par l’État allemand et le système capitaliste mondial. »

cela fait penser à la définition du complotisme prudent c’est celui qui répond «  je ne sais pas » à des questions genre « qui est responsable du 11 septembre ? », ou «a-t-on marché sur la lune ? ». la banquise est la voix des négationnistes prudents, qui , sans doute ne veulent pas insulter l’avenir et leur carrière d’intellectuels. Mais en même temps cette vision hallucinée d’un État allemand continu depuis Hitler à Merkel

Mais peut-être que lisant ces lignes les anciens de la Banquise vont se réjouir. Leur ambition première est sans doute de déplaire, de choquer le bourgeois. De recommencer à peu de frais l’opération de surréalistes ou des situationnistes , prémisse à une vie facile pleine de groupies , financée par les mécènes les à valoir des éditeurs et les cachets de conférencier. C’est ainsi qu’ils republient l’annonce d’un concours du Front national ( mouvement de résistance proche du PCF) qui demandent aux lecteurs de parier sur les condamnations des criminels de guerre18. Qu’ils esquissent une vison négazio des massacres de Pol pot.

Et ce passage qui mêle sexisme, classisme, défense de la pédophilie, fascist-porn, provocation négationniste, à tel point qu’on espère qu’il a été écrit sous l’effet d’un sniff de colle en écoutant des groupes oï

On verra tel prof d’université dans le vent réagir avec la même hystérie qu’une prolétaire si quelqu’un s’avise de jouer à touche-pipi avec son enfant. Pour l’intellectuel comme pour tous les autres, l’une des raisons qui font des camps une horreur plus horrible, c’est qu’ils ont bousculé un certain nombre de tabous occidentaux· : la mort et les cadavres, les enfants, la nudité des corps et les fantasmes sado-sexuels.19

On peut s’étonner que les auteurs de telles lignes puissent aujourd’hui plastronner, diriger des collections d’éditeurs, se voir confier des traductions, participer à des mobilisations « de gauche » etc.

Avec obligeance, les auteurs donnent un commencement d’explication à leur dérangement mental qui leur fait confondre une Porsche avec une chambre à gaz.

 

Lorsque, seul dans une pièce, on rédige un texte théorique, dans la mesure où ce texte donne une prise sur la réalité sociale, on est moins isolé des hommes que dans le métro ou au travail. L’essence de la misère sexuelle ne réside pas dans telle activité plutôt que dans telle autre 20-même si la prédominance de l’une d’entre elles peut être symptômatique (sic) -elle tient au fait qu’à dix, à ‘deux ou tout seul, l’individu est irrémédiablement séparé des autres par les rapports de concurrence, par la fatigue et par l’ennui. Fatigue du travail, ennui des rôles. Ennui de la sexualité comme activité séparée.

Je vous renvoie à Yves Coleman op.cit, ch 6, si vous voulez lire d’autres passages incriminant de La Banquise. J‘avoue que cette littérature commence à me donne renvie de gerber.

Il faut cependant dire encore qu’en 1983 Serge Quadrupanni sort  Catalogue du prêt à penser français depuis 1968 » où dans un chapitre il continue à dire en gros qu’il n’a pas encore choisi entre Faurisson et ses détracteurs. Et il donne largement la parole au négationniste. Et pour en finir avec cette épisode crapoteux de la vie d’ultragauche je voudrais reprendre une citation de Gilles Dauvé judicieusement choisie sur Wikipédia. Elle date de 1996.

« La première phrase de ma préface à Bilan 1936-1939 paru en 1979 chez 10/18 contient une énorme perle de cet acabit. Détachée du contexte, elle prête à confusion. J’y dis que « les horreurs nazies ne sont pas les pires » alors que jamais la barbarie capitaliste n’a atteint de tels sommets 21

Faudra-t-il plus de 21 ans, à nouveau, pour que l’auteur reconnaisse qu’il y a une barbarie proprement fasciste ?

1C’est ainsi que Quadruppani définit le négationnisme dans une lettre de 1980 où il rompt avec Pierre Guillaume (Yves Coleman, op.cit , chapitre 5

2Non signé

3Anonyme, L’Horreur est humaine, La Banquise n°1, 1983.

4Ibidem

5Ibidem

6Ibidem

7Coll., Le roman de nos origine, naissance du communisme moderne La Banquise n°2, 1983.

8C’est l’occasion de le dire : une des caractéristiques des négazios est qu’ils sont très ennuyeux à lire, dans leur style à mi chemin entre l’avoué balzacien, et le commissaire politique viet-minh dans un film de propagande US.

9Pierre Vidal-Naquet, op.cit

10Extrait de l’Internationale.

11Nouvelle économiqe politique, changement de cap décidé par Lenine, qui marque pour certains les prémisses du « capitalisme d’État. Lenine dit alors « le communisme c’est les soviets plus l’électricité » on traduit en général par « le socialisme d’État plus le réalisme économique ». mais, vue la manière dont Lenine a traité les soviets de Cronstadt, je traduirais par «  le communisme c’est envoyer les conseillistes à la chaise électrique. »

12Allusion à une histoire juive racontée, je crois par Pierre Vidal-Naquet : dans un shetl ( village juif en Europe de l’est) Moshe dit à Samuel

– » Buenos Aires a battu Montevido 2 à 1.  »

– » est-ce que c’est bon pour les juifs ?  » demande Samuel.

13Outre quelques taquineries à Cronstadt, en Ukraine, à Barcelone….

14Celui qui saute sur un banc, étymologiquement, contrairement au banquier qui y reste assis.

15Patience ! L’Affaire Garaudy n’intervient que dans la partie 6/6.

16Et à l’extrême droite en général. Barrès appelait le bon sens populaire « l’instinct des humbles » cf Ariane Chebel d’Appolonia, L’extrême-droite en France De Maurras à Le Pen, Bruxelles Editions Complexe, Questions au XXeS (dir. Pierre Milza). 1988, p. 41

17La Banquise N°1

18ibidem

19ibidem

20N. « Pour un monde sans morale/ L’Amour l’extase et le crime, », Ibidem,

21In Libertaires et « ultra gauche contre le négationnisme, Reflex 1996

[ Les tortionnaires de l’histoire Qu’est ce que le négationnisme ? ]5/8

 Chomsky, anarchiste d’État et négationniste

Toujours, en 1980, qui sera décidément l’année sainte du négationnisme, la Vieille taupe publie un livre de Faurisson1 avec une préface de Noam Chomsky.

Si chaque homme est une guerre civile, Noam Chomsky est la seconde guerre mondiale à lui tout seul. Noam est un linguiste chiant, mais respecté. Ch est un adversaire résolu de la Guerre du Vietnam, membre des IWW ( syndicat anarcho-syndicaliste), libertaire, O est un défenseur du renforcement de l’État2, M plaide pour le réformisme au nom des enfants assassinés3S soutient les khmers rouges génocidaires4, K condamne le Stalinisme Y soutient Chavez et Castro5. Et mon tout est … Noam Chomsky le négationniste.

En effet les différentes facettes du personnages se rejoignent dans le confusionnisme et le négationnisme. Les partisans français de Chomsky ont réussi à détourné le débat sur le fait de savoir si Chomsky destinait ou non à la publication la longue lettre qu’il a adressé à Faurisson. Mais qui s’en soucie ? Chomsky ne renie pas le fond du texte, qui dit en gros qu’il n’a pas lu Faurisson, mais qu’il le soutient, et qu’il est persuadé qu’il n’est pas antisémite. Il s’indigne que l’on interdise les bibliothèques publiques à ce professeur estimé, ce qui est faux. Ensuite lorsqu’il reviendra sur cette affaire c’est pour attaquer ses adversaires, accusant PVN de vouloir la persécution de Faurisson. Contrairement à ce que certains défenseurs paresseux de Chomsky affirment, ce n’est pas seulement pour défendre la liberté d’expression qu’il défend Faurisson. Chomsky a écrit plusieurs livres sur la propagande, et cela étaye une vision révisionniste du nazisme, dont il donne une explication pour le moins révisionniste : c’est grâce à la propagande que les Nazis auraient obtenu le pouvoir. C’est juste faux. Je ne vais pas développer ici, il suffit de lire l’histoire de nazisme vulgarisé sur Wikipédia. La propagande telle que la décrit Chomsky se met en place une fois les Nazis arrivés au pouvoir, à l’appel de la droite conservatrice, et sans qu’ils n’aient jamais obtenu d majorité parlementaire, sans donc qu’ils aient réussi à convaincre une majorité du peuple allemand. Ce biais permet à Chomsky de mettre sur le même plan fascisme, communisme soviétique t État américain. Sa théorie sur le pouvoir des médias est formulée de telle façon qu’elle est citée par la plupart des confusionnistes et des complotistes. Enfin Chomsky donne dans le campisme, traitent avec sympathie tous les ennemis des USA, s’affichant avec des notables d’Iran ou avec Chavez. Comme dit l’anarchiste américain JamesHerod

« Ce serait une erreur pour nous de nous tourner vers Chomsky pour lui demander son opinion sur des sujets qu’il n’a pas réellement étudiés »6

Autant on peut comprendre que Chomsky soit une idole pour les communistes-réactionnaires et les gauchistes nationalistes ( Mermet, Fakir, Plénel…) autant on peut se demander comment il peut encore avoir des soutiens dans le milieu anarchistes et internationaliste.

« Si Chomsky connait aussi bien les USA qu’il connait l’Iran, nous sommes désolés pour les Américains », écrivent des résistants iraniens.

1Robert Faurisson, Mémoire en défense de ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire, la Vieille Taupe, 1980

2Cf Claude Guillon L’Effet Chomsky ou l’anarchisme d’État L’Oiseau-tempête, n°9 été 2002. [online] http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/inclassables/oiseautempete/oiseautempete-n09(light).pdf consulté le 20/O1/2017

3ibidem

4Yves Coleman, Sur le film « Chomsky et compagnie d’Olivier Azam. Mondialisme.org, [Online] consulté le 20/01/2017 http://mondialisme.org/spip.php?article1186

5Octavio Alberola, « Chomsky, le bouffon de Chavez », Cuba Libertalia, septembre 2009, traduit sur Ni patrie ni frontières [online] http://www.mondialisme.org/spip.php consulté le 20/O1/2017

6Anarcho-syndicaliste review, N° 26, 1999

Indymédia Lille sur les pas de la Vieille taupe ?

En tant que Lillois, je commence à être un agacé de constaer qu’à chaque fois que je suis étonné du titre d’un article sur infolibertaires, il s’agit d’un article d’Indymédia libre, qui se fait le relais des pires (!) racialistes, antisémites etc.. Cette habitude nouvelle de publier des droits de réponse de personnes accusés d’antisémitisme sans publier l’article à l’origine est, a minima maladroit. Cela rappelle l’un des rares dérapages de la période 2012/2014 : la réponse des organisateurs dun débat à un texte les accusant de lesbophobie, avait été publiée, alors que le texte à l’origine de la polémique était encore en attente.  C’est étonnant de la part d’un site que l’on avait connu plus clairvoyant, politiquement. mais qui glisse, glisse, et qui risque de se réveiller un jour, avec la gueule de bois de certains ex-soutiens de Dieudonné… ou de Pierre Guillaume.  Donc

leçon n°1 : on publie d’abord l’info, et ensuite le démenti !

Leçon n°2 ; l’antisémitisme n’est pas un sujet à débattre, c’est un délit.

Anne Franck, agent sioniste bien connué (écrivant avec un stylo bille ?)
Anne Frank, agent sioniste bien connué (écrivant avec un stylo bille ?)

 

Quelques exemples

https://www.infolibertaire.net/ico-initiation-communiste-ouvriere-degage/

Attaque sans doute bordiguiste donc léniniste contre non-autoritaire !

https://www.infolibertaire.net/hypocrisie-et-mensonges-de-la-licra-sur-le-mouvement-bds/

antisémite.

https://www.infolibertaire.net/contre-erdogan-vive-la-lutte-du-hdp-et-du-peuple-kurde/

Oui le hdp est un parti politique !

https://www.infolibertaire.net/la-race-a-coups-de-proces-dinquisition/

Et le type signe « un blanc »

https://www.infolibertaire.net/auto-defense-anti-raciste-que-commence-a-trembler-la-gauche-blanche/

la gauche blanche ????

https://lille.indymedia.org/spip.php?article30533

Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs »

contre les porpos sexistes, racistes, antisémites. Donc le progressisme c’est quoi un bonehead  bourré ?

https://lille.indymedia.org/spip.php?article30495

délire antisémite manque plus que de parler sans rasion. de BHL et Finkelkraut mais wait ! Ca tombe en fin d’article.

 

Si on s’adressait à Indymédia Lille comme les gens qu’ils favorisent dans ses « colonnes on lui dirait « casse toi, sale valet des ploutocrates pétroliers » mais comme on n’est poli, on lui dit : ressaissis toi avant le milieu du deuxième trismestre, sinon tu pourrais bien passer dans la classe supérieure, la petite bourgeoisie confusionniste qui travaille à la division des luttes. Comme une taupe rouge et brune.

Expulsion près de Calais ?

Deux autoroutes qui mènent au littoral, et des campement près des parkings où s’arrêtent les camions dans lesquels les exilé-e-s se cachent pour parvenir au Royaume-uni. L’autoroute qui va de Lille à Dunkerque puis Calais, avec un campement à Steenvoorde, celle qui va d’Arras à Calais, avec des campements à Angres, Norrent-Fontes et Tatinghem, et […]

via Vent d’expulsion à Tatinghem ? — Passeurs d’hospitalités

Qu’est-ce que le racialisme ?

Nouveau racisme pour les uns, nouvelle mouture du marxisme pour d’autre, le racialisme aliment les bavardages, dans les milieux qui attendent la révolution au lieu de la faire. Nous allons voir ce qu’est exactement cette nouvelle théorie, et examiner en quoi elle peut être dangereuse, enfin nous donnerons notre opinion sur la sortie de ce débat. Ceci semble concerner uniquement les milieux qui s’étendent à la gauche de la gauche de la gauche. Mais François Fillon vient d’employer le mot « race »1, brisant un tabou ( et violant la loi.) La connerie c’est comme le chiendent, tu peux l’arracher, elle repousse.

 

Le racialisme c’est la croyance qu’il existe des *races : noire, blanche, jaune, “bronzés,” musulmans… Je sais que ça semble absurde mais c’est ainsi que certains voient le monde.Depuis longtemps, les scientifiques ont déterminé que les races n’existaient pas. La couleur de la peau n’est qu’un critère biologique parmi une cinquantaine qui permettent de distinguer des groupes humains entre eux. Si vous n’êtes pas convaincus voici une brochure de l’Unesco qui fait le point sur les avancées scientifiques ( dans les années 70!) sur le sujet. http://unesdoc.unesco.org/images/0000/000055/005546fo.pdf

Et rien ne permet de mettre en relation la couleur, développée en fonction de l’ensoleillement, et l’intelligence ou le caractère d’un individu. C’est la même chose pour d’autres caractéristiques physiques : les yeux bridés, qui protègent les yeux du froid etc…Certains scientifiques admettent l’existence des ethnies : des groupes dont des individus se sentent membres, parce qu’ils pensent posséder en commun certaines caractéristiques physiques mais surtout des traits culturels : langue histoire commune, volonté de vivre ensemble etc. Plus largement, à écouter des témoignages d’amérindiens, certaines ethnies s’inscrivent dans un écosystème plus vaste. Un Cheyenne pouvait se sentir membre du système de la plaine, qui comprenait aussi les bisons, les rivières, le soleil etc. (la naissance de l’écologie oit beaucoup aux tribus amérindiennes). Mais ces appartenances, contrairement à ce qu’écrit Lordon2 ne préexistent pas à l’individu. Je peux choisir d’émigrer au Québec, et me sentir dans dix ans Québecois, canadien francophone, ou nord-américain d’origine française. Mais encore une fois ces appartenances (un individu peut en avoir de multiples, successives ou simultanée : français et juif et tunisien…) ne permet pas de présager chez un individu une intelligence ou une morale particulière.

Le raciste hait quelque chose qui n’existe pas. Il a peur d’un fantôme. Le racisme est un essentialisme. L’essentialisme consiste à fixer quelqu’un dans une de ces caractéristiques (femme, noir, Italien, communiste, vieux, bouddhiste) et de lui coller un fardeau de caractéristiques supposée : femme = sensible, menteuse…, Italien = joyeux, fainéant…. C’est ce que Maalouf appelle “les identités meurtrières”. On se souvient que les membres du “Gang des barbares” pensaient que juif = riches.

Bons et mauvais racistes

On doit réserver le terme de racisme à la description de la domination des forts sur les faibles. Les forts le sont par leur nombre, leur histoire, leur pouvoir économique et/ou la structure étatique. C’est pourquoi il est difficile de parler de *“racisme anti-blanc”. Dans une cité HLM ; où un pouvoir cynique a parqué les enfants de l’immigration avec les pauvres gaulois, un ado céfran peut se sentir rejeté, harcelé, menacé. Mais à deux stations de métro de là, il redevient membre de l’ethnie dominante. Un “racisé” (victime du racisme) n’est jamais quitte ; sorti de son ghetto, il croise le racisme partout. Dans le regard des usagers du métro, au guichet de la Caf, dans les réponses à ses demandes d’emploi, dans les contrôles policiers, à l’entrée de la discothèque, dans les journaux télévisés, les discours politiques, j’écris ton nom : racisme.

Le réflexe naturel lorsqu’on est victime de l’essentialisme est de nier les différences entre êtres humains. C’est ce que font les féministes ou les antiracistes, par exemple. Dans les années 60, une grande exposition était intitulée “The family of man” on y voyait que, dans toutes les ethnies, les femmes aiment leurs enfants, que ceux-ci aiment jouer, que les hommes aiment boire ensemble en rigolant3. Certains dominés développant une sorte de syndrome de Stockholm vont au contraire, accentuer les différences sexuées ou ethniques en les présentant comme des qualités. C’est le “black is beautiful” des afro-américains, la gay pride etc… Poussé dans ses retranchements, cette logique confère toutes les qualités au groupe dominé auquel appartient le locuteur, et les nie chez les autres. On pourrait parler de Lgb-isme. Concernant les ethnies, on appelle cette idéologie le racialisme. Cette idéologie est portée par les Indigènes de la République et leurs alliés pour qui la France est divisée entre racisés colonisés et colonialistes racistes. Ainsi ils parlent “d’extrême-gauche coloniale”. Le racialisme est également une constante à l’extrême droite. Certains soucieux de se démarquer des racistes indéfendables soutenaient les pays arabes en lutte, en espérant qu’on pourrait leur renvoyer leur ressortissants. Certains antisémites soutiennent Israël, qui est le meilleur moyen de débarrasser l’Europe de ses juifs. Comme il y a « des bons et des mauvais chasseurs », selon Les Inconnus, il y a les racistes qui veulent construire des camps d’extermination, et il y a les racialistes qui veulent entourer l’Afrique de fer barbelé et miner le Bosphore.

Les racistes véhiculent encore, quoi qu’en pense les intellectuels de nombreux relents de racisme biologiques. Les racialistes plus malins, mettent en avant les différences fondées sur l’histoire ( du colonialisme, de l’esclavage) ou sur la culture ( religion, coutumes pseudo esprit national. ) De la même façon que les études coloniales ont laissé leur place à l’ethnologie( qui cherche à mettre en lumière les différences entre ethnies) et à anthropologie qui cherche au contraire à relever ce qu’il peut y avoir de commun entre tous les hommes.

 

Pourquoi le racialisme est-il nuisible ?

Le racialisme est nuisible pour de nombreuses raisons. Entre autres, il empêche le racisme mourir d’inanition. , en redonnant tout sa vigueur au concept de « race ». ce n’est pas involontaire. Le racisme est l’ennemi idéal du racialisateur. Comme le néo-luddite a besoin du transhumanistes, l’antisémite du sioniste… On est dans l’ordre de la paranoïa comme le signale Christelle Massacrier dans on rapport de recherche. « PARANOÏA ORDINAIRE ET THÉORIES DU COMPLOT »4

« La confusion ramenée à l’incompréhension entraînerait une forme de suspicion (« On nous cache quelque chose »), qui peut tout à fait rappeler la rencontre de « l’énigme de l’Autre absolu » (Lacan) engendrant angoisse et perplexité. Le rôle de la théorie du complot serait dès lors de drainer le malaise perçu, survenant sur un terrain social insécurisant, en en donnant une explication, ce qui n’est pas sans rappeler le « travail du délire » (Freud) comme tentative de guérison. »

 

Le racialisateur est presque toujours un confusionniste ; il feint de partager des combats marxistes ( le PIR, le FUIQP) ou libertaires ( Les mots sont importants) mais n’a pour but réel que d’accroître les divisions au sein du prolétariats et des classes moyennes radicalisées. Las nazbolis ( nationaux-bolchéviques » disent, nous prenons tout le marxisme, sauf que nous remplaçons «  lutte des classes » par « lutte des races ».

Le racialiste joue sur un sentiment de culpabilité de l’homme « blanc » : l’idée que quoi qu’il fasse il ne pourra jamais trahir sa classe d’origine ( sauf par l’écriture selon Barthes5). il aura beau se prolétariser ( devenir ouvrier) ou se marginaliser ( squatter, pratiquer l’illégalisme) il se toujours moins dominé qu »une femme noire, ou un trans algérien.

Le racialiste n’aime pas les Lumières. Saïd Bouamama dans son pamphlet « La France » 6 met en avant tout ce que les philosophes de l’Encyclopédie ont pu proférer comme sottise sur les femmes ou les peuples allogènes. Pourtant, l‘individualisme qui naît avec Voltaire et Rousseau, cet individualisme connecté qui se construit dans le contrat social et les règles librement consenties, est le meilleur antidote contre tous les racismes. C’est du simple bon sens. Les racistes les plus extrêmes diront de trois ou quatre racialisés « ceux là, je les connais bien, ce sont des bons ». Inconsciemment, ils extraient ainsi Mouloud ou Moshe de la catégorie meurtrières essentialiste qu’ils ont créé.. L‘individualiste solidaire, qui reconnaît à l’autre toute la liberté de penser et d’agir qu’il revendique pour lui-même ne peut être raciste. S’il perçoit que X ou Y réagit « en musulman » ou « en Italien » il sait qu’alors X ou Y est victime d’une aliénation. Un groupe d’appartenance lui a imposé une explication du monde, une morale etc, qui tente de supplanter son libre arbitre d’individu. Là ou le raciste et le politique voit des groupes humains dotés de caractères simplistes, il voit des groupes d’individus chacun riche d’une complexité.

L’individualisme, qui se développe au cours du XIX ème siècle trouve sa forme politique dans la Révolution française, et sa Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, critiquable certes, mais qui établit les droits de l’individu face au despotisme. C’est une époque ou la défense de l’individu atteint des sommets eux aussi critiquables : on interdit les associations ouvrières, en même temps que les corporations, et Napoléon peut déclare

« Tout aux juifs comme individus, rien aux juifs comme nation »7 

Mais on peut considérer avec les hégeliens de gauche ( Marx, Bakounine etc) que le passage par cette révolution bourgeoise était nécessaire. L’ouvrier devenu individualiste comme le reste de la société, en vient à se dire que pour défendre ses droits d’individué à l’émancipation totale, il a intérêt à s’allier avec d’autres ouvriers. Faut-il rappeler ici que des anarchistes individualistes sont, alliés à d’autres, à l’origine de la CGT. Lorsque le racialisateur parle, il nie l’individu. Un « racisé » est par essence fruit de la colonisation qu’ont subi ses grands parents. Il n’a pas d’autre choix que d’être solidaire d’autres racisés, fussent-ils antisémites ou juste stupides : Dieudonné, ou Kémi ba 8

 

L’essentialisme est une maladie qui envahit toutes les zones du cerveau9. Un essentialiste de la race, l’est aussi du genre de l’espèce etc. Il n’est guère étonnant que les féministes aient à redire des textes du PIR https://blogs.mediapart.fr/melusine-2/blog/200616/bouteldja-ses-soeurs-et-nous

 

Comment sortir du débat délétère sur la « race »

 

Je ne pense pas qu’il faille discuter avec des racistes, fussent-ils racialistes. Fin du game. Chaque orga doit se demander s’il est opportun de continuer à signer des appels où figure telle ou telle orga racialiste. Je pense qu’il serait nécessaire d’établir un cordon sanitaire, au moins temporaire, jusqu’à ce que ces organisations se positionnent clairement sur les propos sexistes ou antisémites des Indigènes, par exemple.

 

2« Dans Imperium (2015), Lordon accentue le caractère gluant de la vision de la nation. Son analyse de la place de la nation s’inscrit dans une réflexion plus large sur « la nécessité de l’appartenance » (ibid., p. 38), rendant « impossibles » les « désaffiliations » (ibid., p. 50), dans une vision en termes d’affects qui collent les individus les uns aux autres dans des « corps politiques ». Cela méconnaît les recherches sociologiques sur l’individualisation moderne, des analyses pionnières de l’Allemand Georg Simmel (1858-1918) à celles actuelles de François de Singly, où la diversification des appartenances rend possible le retrait de certains liens, dans quelque chose qui n’a pas à voir avec le « tout ou rien » lordonien : appartenance (« nécessaire ») ou désaffiliation (« impossible »). C’est au sein de ces appartenances collantes que se développe une valorisation de « l’appartenance nationale » (ibid., pp. 47-49), car « aussi affranchi soit-on de son appartenance nationale, on ne l’est jamais tout à fait » (ibid., p. 163). Philippe Corcuff « Guide politique de vigilance anti-essentialiste » in Les Possibles — No. 10 Été 2016.

3Renforçant donc des essentialismes de genre, pour combattre des essentialismes d’ethnies. Ce travers est fréquent voir concernant véganisme et sexisme https://societedelinformation.wordpress.com/2016/12/08/justice-sociale-et-justice-animale-meme-combat/

4INSTITUT DE CRIMINOLOGIE MÉDITERRANÉEN SECONDE ANNÉE (2015-2016)

5Roland Barthes , Le Degré zéro de l’écriture. XXXX

6Saïd Bouamama, La France, Larousse XXXX

7 Azria Régine. Les Juifs de France face à la laïcité. In: Autres Temps. Les cahiers du christianisme social. N°30, 1991. pp. 9-18.. DOI : 10.3406/chris.1991.1450. www.persee.fr/doc/chris_0753-2776_1991_num_30_1_1450. Consulté le 13/12/2007

9 … et la politique cf Philippe Corcuff « Guide politique de vigilance anti-essentialiste » in Les Possibles — No. 10 Été 2016

Agenda des luttes à Lille

yago1 sur

Lettre à un #chrétien qui n’aime pas les #migrants

migrants an 1 (reproduction interdite à Mme Morano)
migrants an 1 (reproduction interdite à Mme Morano)

En voyant un message pro-migrant sur ma timeline Facebook, un « Franc chrétien » m’a écrit ceci. Je lui ai répondu cela.

fb-chretien

Christian Delatrie Je sais que tu fais partie de ces personnes qui ne PEUVENT pas entendre ni voir, cela leur est pour l’instant interdit. Qu’on ne puisse demander à plus de 40 millions d’habitants de devenir des saints ou du moins des sacrifices perpétuels leur échappe. Ce n’est pas de l’utopie à proprement parler…une perte du sens, celui de La Fontaine, une hypnose. J’ai travaillé dans de nombreuses structures sociales, j’en ai un peu vu… Voilà, je dois être un migrant pour toi, je suis chrétian et franc. Je ne refuse pas le dialogue, certainement pas, mais je pense que les conditions ne sont pas réunies.
Jean-françois Garsmeur Tu as gagné ta vie dans le social. Le social a été créé par des gens qui sans être des saints ou des martyrs, les socialistes les gaullistes etc, ont pensé qu’il fallait un peu redistribuer de l’argent à ceux qui ne pouvaient pas en gagner par leur travail : les malades et handicapé-e-s, les femmes enceintes, les enfants, les chômeurs… tes salaires provenaient de la cotisation et de l’impôts
Tu ne produisaient rien d’échangeable, c’est la collectivité qui prenait en charge ton entretien, les traites de ta voiture et de ta maison. Comme disait un leader MNCP (asso de chômeur) le social fait vivre mieux les travailleurs sociaux que les pauvres. Aujourd’hui, tu dis « c’est bon, je me suis bien gavé , mais maintenant le social on arrête ». Tu veux retirer l’échelle, une fois arrivé au sec.
Tu parles de sacrifices perpétuels, on sent des vieux relents bibliques. Alors quels ont été tes holocaustes intimes ? As-tu serré dans tes bras ton bébé mort sur un rivage de la Méditerranée ? As-tu vu ta mère, ta fille violées devant toi ? As-tu vu tes potes tomber empoisonnés par un gaz diffuser par ton gouvernement. As-tu vu ta fiancée prendre une Kalash et faire de sa ronde poitrine un rempart pour les balles chemisées des mitrailleuses de Daech ?
Ou bien ce sacrifice dont tu parles sont-ce les quelques euros par mois que tu devrais verser en plus chaque mois si le gouvernement décidait de loger décemment les mineurs et les demandeurs d’asile. Est ce que tu préfères croire le FN et ses imitateurs que de juste regarder comment tu vis. Moi, je suis au RSA et je sais que je vis mieux qu’un médecin d’il y a cinquante ans. Quand j’étais gamin, et que je m’imaginais riche je me disais que je pourrais alors avoir tous les livres tous les disques tous les films . Sur mon petit ordinateur, j’ai accès à tout ça. Des centaines de personnes à Lille se nourrissent des surplus de marchés. Les Emmaus et autres regorgent meubles et d’électroménagers dont les gens ne veulent plus. Nous vivons une époque gâtée, dans un pays gavé. Les Français meurent de trop manger, de trop consommer de trop travailler. Partager ce ne serait pas charitable ce serait diététique.