« Les pansements ont bien été expédiés à Rojava, voici une petite photo en PJ »

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#Lille rassemblement de soutien, à l’Insoumise, samedi : les idées ne s’expulsent pas.

 

La réaction de l’équipe de l’Insoumise et de ses soutiens ne s’est pas faite attendre. Décision a té prise ce dimanche d’organiser un rassemblement sur la Grand place, samedi 14 à 18 h : on y protestera contre le ciblage des lieux de résistance lillois, lieux de solidarité, d’échanges, de débats. Le rassemblement associera donc à la protestation l’expulsion du squat de mineurs migrants issus du jardin des Olieux1. Dans les deux cas, d’ailleurs, c’est Martine Aubry, maire et présidente du CHR ( propriétaire du squat des Olieux , la même Martine Aubry qui refuse de fermer le bar raciste La Citadelle.

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Aujourd’hui
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« chef c’est signé c’est les « ou presque »

D’autres actions sont prévues pour protester contre cette fermeture de la librairie-bibliothèque, lieu de réunion, de débats publics… et de soupe populaire végane. Une brochure retracera les temps de 4 ans et demi d’histoire de luttes lilloise, depuis le mouvement retraite, celui des Interluttants, celui contre la loi et le travail…. Et de belles rencontres avec des auteurs, des familles de victimes de la police, la Mutuelle des fraudeurs, Des membres du parti communiste ouvrier (hématiste) de Syrie… Et un cours de lockpicking ! Une fête de soutien aura lieu à la Madina pour le lancement de la brochure, mi février. Etc etc.

cette semaine :

Mardi rendez vous tractage à 18 h aux marches de l’église du marché de Wazemmes, ou aux Tilleuls s’il pèle !

Mercredi : présence probable de pas mal de gens de l’Insou à la cantine végane de la Madina à Ronchin

Samedi 18h : rassemblement. Vue la météo n’oubliez pas les écharpes , les enfants !

1Un appel intersyndical, CGT-Solidaires,-CNT proteste contre cette expulsion. http://www.cnt-f.org/59-62/2017/01/appel-inter-syndical-de-soutien-au-collectif-des-olieux/

Marche ou (c)rève ? Nous marcherons qu’ils (c)rèvent !

 Nous republions ici un texte paru en novembre sur un nouveau blog http://ahcesttoujourstoiquelonblesse.neowordpress.fr/
Black-Panthers-Party-People
La fin du mouvement contre la loi et le travail laisse une nouvelle génération de militant-e-s, née dans les blocages et les occupations, désœuvrée et bouillante. Chacun peut le constater ; toute réunion ouverte1, tout rendez vous culturel placé sous le signe de la lutte2, refuse du monde. Le 15 novembre une manifestation à Roubaix sur laquelle la CGT organisatrice avait fait le minimum de communication attira spontanément une cinquantaine de manifestants tout de noirs vêtus aux slogan cégétistes « Faisons payer les patrons » répondaient les plus radicaux «  Séquestrons les actionnaires ». Le 19 novembre à Lille, la manifestation antifasciste contre la Citadelle rassembla plusieurs centaines de militants radicaux derrière la banderole de l’Action anti fasciste 59-62, autant que les sympathisants des syndicats et partis réformistes. « Non à la haine » bêlait-on d’un côté «  un flic une balle, justice sociale » hurlait-on de l’autre. Le succès de « Bloque ton week end » (BTW) du 11 au 13 novembre est également indéniable, tant lors des débats que pendant la soirée militante et festive, avec la fanfare des luttes et René Binamé.

Marchons marchons, sans souverain

Le peuple aura du pain

(La Marseillaise de la Commune)

Les jours défilent au pas de l’ennui

Parti des rouges, parti des gris

Nos révolutions sont trahies

(extrait de Pour en finir avec le travail)

Rêve générale

(Autocollant de Solidaires, et pancarte de Nuit debout)

 

Il y a une demande très nette d’action militante, d’actions révolutionnaires.

La situation ne peut qu’aller en s’exacerbant. Les prochaines élections présidentielles, qui tous les 5 ans, donne le tempo économique et social ( et l’on peut n’avoir jamais voté, et faire ce constat), semblent voir s’affronter dans une guerre de façade, des fronts nationalistes d’extrême droite et de gauche ou des partis anti-LGBT, pro-répression, de droite et d’extrême droite, décidés à enrichir les riches et appauvrir les autres,. L’abstention ne sera plus un mot d’ordre révolutionnaire, ce ne sera que le réflexe de bon sens de celui qui ne veut pas choisir entre la purge et la saignée, l’austérité ou la misère, les keufs ou la garde nationale, le drapeau tricolore, ou le bleu blanc rouge. Au second tour qui se profile, ils nous referont le coup de 2002 : allons nous voter à droite pour éviter le populisme d’extrême droite ? Donnerons nous nos voix à Fillon qui va augmenter la TVA , supprimer l’ISF, plonger 500 000 familles de fonctionnaires dans la misère, supprimer le mariage pour tous, augmenter la répression… ? A Fillon soutenu par les racistes de Riposte Laïque, ou Chauprade, Carl Lang, Buisson… Ou préparerons nous le troisième tour, celui qui se joue dans la rue ? Les lois antisociales que votera probablement une majorité filloniste pour satisfaire la France rance qui l’a fait roi mettra les syndicats dans les rues. Reviendra le temps des cerises, des blocages et des occupation, gardez vos pneus et vos duvets ! Gai rossignol et merle moqueur seront tous en fête.

Face à cette demande d’action, à celle qui vient, quelle est l’offre ?

Force est de constater que les organisations ont mal résisté au ressac d’après les luttes sur les retraites. Les syndicats réformistes « de gauche » ont du mal à mobiliser leurs troupes en dehors des luttes localisées pour la défense d’un emploi aliénant, (mais aussi d’un revenu de survie). Ils ne parviennent pas à organiser (avant même de mobiliser) le nouveau prolétariat jeune : livreurs, employés « flexibles » (corvéables à merci) des centres d’appel ou de préparation de commande internet, employés de la restauration rapides… Certains forcés d’être auto entrepreneurs, ne sont pas salariés, d’autres mi-étudiants et mi-travailleurs s’imaginent dans un période de transition. Nous ne sommes pas sûrs que les syndicats font beaucoup d’efforts en direction de ce gisement de militants exploités et énervés, préférant souvent gérer leur portefeuille de cotisants travaillant pour l’État ou des sociétés étatiques, travaillant le jour pour l’État, et faisant la révolution dans les bistrots le soir. Les syndicats de transformations sociale, qui affichent d’autres ambitions que l’amélioration des chaînes, ne sont pas, à Lille, très remarqués dans les mouvements sociaux. Il faut rassurer les députés de droite, et ajouter un article au dictionnaire de Bouvard et Pécuchet 

Syndicat révolutionnaire : organisation destinée à organisée des séances de ciné-club et à vendre de la bière pas cher.

Syndicat de transformation sociale ; organisation destinée à obtenir des décharges syndicales pour fournir des permanents gratuit à un parti électoraliste.

Plus sérieusement les partis à gauche de la gauche au pouvoir, semblent aussi s’endormir dans l’attente d’un Grand soir messianique. Le NPA est miné, à Lille comme ailleurs, laminé par des scissions plus unitaires les unes que les autres. Le front de gauche se réveille avec la gueule de bois : Mélenchon roulerait-t-il pour sa gueule avant tout ? Je serais l’Insoumise, bouquinerie occupée je ferais un procès à la France insoumise, ce ramassis de fans soumis de JLM. Le mot France en revanche qu’il partage avec le Parti de la France, scission droitière (sic) du Front national, est, hélas, à sa place. JLM se réfère sans cesse à la révolution française dans ce qu’a de plus détestable ce putsch bourgeois ; la guillotine, la garde nationale, la terreur… Mais l’anagramme de Révolution française, c’est « un veto corse la finira : croyez moi ou pas il y a du Bonaparte dans Jean-Luc du Napoléon dans Mélenchon. Ou un cran en dessous, voyez ce côté tribun nationalise, populiste, traîneur de sabre : le général Boulanger ! Il se voit déjà César, finira-t-il pompé ? Les connaisseurs apprécieront : il a reçu le soutien du PRCF. Le virilisme le masculinisme, le parfum de xénophobie et de campisme, peut attirer des voix, il n’aura pas la mienne, ou ce sera pour hurler contre lui.

C’est regrettable mais aucune organisation anarchiste n’est implantée sur Lille. Le Centre culturel libertaire a une vocation… culturelle, la CNT se défend d’être anarchiste.

Que reste-il ? D’autres parti trotskistes sectaires, des Verts qui n’ont pas montré beaucoup de reconnaissance à celle qui les a détachés du PS ? Les gesticulations citoyennes qui ont parfois l’intérêt de renouveler les formes du débats, et celles de la manifestation, mais avec un fond si vieillot : «  la guerre c’est pas bien, les flics avec nous, la vraie France c’est nous.. ; » ? Soyons sérieux.

Le prochain printemps sera vif il faut se préparer.

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Physiquement d’abord. On ne peut que se réjouir de voir les associations sportives naître au sein des squats ou des groupes amicaux (poke amical à l’Amicale). Sache que ta meilleur amie, prolétaire, c »est la boxe thaïe ! Retrouvons nous pour courir ensemble au bois de Boulogne, entraînons nous à la canne, au lancer du poids, au tir à la fronde. Ce sera utile. Le bois enceint une citadelle, d’autres citadelles doivent tomber !

« La révolution c’est les soviets et l’électricité » Lénine

Amicalement ensuite : créons des espaces où tous ceux qui veulent la révolution, et pas seulement dans leurs rêves puissent se rencontrer se connaître, s’apprécier apprennent à se faire confiance malgré les différences de genres, de classes, de cultures, d’âges… Comme l’idée circule dans les milieux totoïdes, relançons les soupes communistes ( évoquée lors de Bloque ton week-end. ) qu’elles soient végan, succulentes, et propices aux rapprochement entre prolos en voie de radicalisation et radicaux prolétarisés. Les cantines vegan de la Madina et du CCL, mercredi soir et vendredi midi, jouent ce rôle de mélangeur de milieux militants. Les jeudi soirs de l’insoumise reprendront. Il reste 4 jours à combler pour que nous puissions cesser de faire des courses !

Humainement aussi : les milieux radicaux libertaires autonomes, communisants etc, ont une méfiance légitime envers la charité et l’humanitaire, quelque soit le nom de ce qui consiste pour des « inclus » à aider des exclus. Résultats ; les forces des orgas humanitaires déclinant avec l’âge, qui s’engouffrent dans la vacance ? L’extrême droite qui feint la compassion pour « nos SDF vs « leurs «  migrants. On sait ce qu’il y a de dégueulasse dans les soupes populaire au cochon. Mais le ventre de l’homme qui a faim n’est pas le plus fin analyste politique… Le freeganisme est sans doute une solution. Poubelle en Nord (à contacter sur Facebook), qui récupère dans les marchés et les poubelles, montre une voie possible. Les glaneurs se servent d’abord, le surplus est distribué aux habitants du quartier. Le même principe est mis en œuvre spontanément après le marché de Wazemmes du dimanche et parfois ceux du mardi et jeudi. Chacun selon ses disponibilités est à son tour glaneur, consommateur, organisateur. Cela évite le flicage des Restos du cœur, et la queue humiliante de la Tente des glaneurs. Multiplions ce type d’initiatives qui gomment la distance entre bienfaiteurs et bénéficiaires, ils suffirait d’ouvrir un peu plus nos donneries, nos free-shops etc…On rêve d’un hypermarché à prix libre. Cela me permettrait de réaliser mon phantasme : être caissière,. Ah non il n’y aurait pas de caisse. Bon, vigile alors !

« l’existentialisme est un humanisme » Sartre

Festivement aussi : la révolution sera une fête, toute fête la prépare. A l’exemple de la dizaine de personnes qui ont goupillé Bloque ton week-end, créons des fêtes surprises, dans des lieux volés, pour un temps, au Capital. Mettons du son, buvons de l’orge, dansons, dansons.

« je me méfie des peuple qui ne savent pas danser «  Nietzsche

Agitpropement également : organisons des ateliers où nous ferions des affiches des tracts, des pochoirs et des banderoles. Les matériaux sont gratuits, on pourra s’exercer à blanc, avant de pouvoir voir noir, et rouge . L’idée circule également dans les milieux autonomes, écologistes radicaux. Les anti-pubs connaissent le sujet, certains sont anti capitalistes : ils seront utiles.

Educativement bien sûr : le problème de chaque mouvement c’est que c’est toujours un peu les mêmes qui parlent, et écrivent. Malheureusement ce sont souvent des mâles blancs bien éduqués. L’écriture, la prise de parole, ce ne sont pas des dons, Démosthène déjà en était l’exemple. Il faut multiplier les ateliers d’écriture, et de prise de parole, pour que la prochaine révolution ne soient pas écrite et dite uniquement par des Maximilien, des Léon et des Nestor ( prénom rare ici, mais pas en Ukraine…)

« Pas un jour sans une ligne » Philippe Léotard, Beigbeider etc…

Politiquement enfin ; continuons la réflexion de Bloque ton week-end. Faut_il donner du sang neuf aux organisations existantes, ou bâtir de nouvelles orgas, plus longues à monter, mais garanties ( au début) sans bureaucrate ? Je n’ai pas la réponse, la question n’est pas rhétorique, mais je pense qu’il faut en discuter collectivement.

Antifascistement bien sûr : le combat contre la Citadelle, repaire identitaire, devrait permettre des alliances tactiques avec des mouvements de jeunesse qui ne sont pas sur nos positions ; c’est un bon entraînement pour des combats plus difficiles, et l’antifascisme va de soi. Il faudra réfléchir à la meilleur façon d’agir. Faut il continuer à servir de troupes aux réformistes ou à l »Action antifasciste ? Faut-il créer une force autonome ?

Largement : ne refaisons l’erreur de Marx. Ne négligeons pas dans notre réflexion et notre pratique les classes les plus dominés : les chômeurs de longues durée, les RSAtres, les SDF. Ils n’ont rien à perdre , nous non plus. Et de ce rien on peut tout faire

Psychologiquement également ; on nous a dit pendant le mouvement : ce n’est pas le moment. Aujourd’hui que la lutte fait la pause, le moment semble venu. Il faut parler de ce qui fâche, pour éviter de ne pas parler de ce qui blesse. Les dominations sexistes, racistes, classistes, âgistes, validistes sont véhiculées dans nos mots et nos gestes au sein des luttes. La violence a ses vertus révolutionnaires, elle ne doit pas s’exercer contre des camarades, même psychologiquement. Accueillons avec reconnaissance les initiatives issues de nos rangs. Refaisons des ateliers non-mixtes, et revenons plus fort-e-s vers des débats mixtes.

« la femme est la prolétaire du prolétaire (…) L’oubli et le mépris des des droits de la femme sont les seules causes des malheurs du monde » Flora Tristan, inspiratrice de la première internationale ( AIT)

Je voudrais vous présentez mes excuses pour le ton apparemment directif que je prends parfois : l’impératif n’est pas autoritaire, mais incitatif, et les idées que je semble asséner, ne sont pas les miennes : elles circulent dans les milieux militants, autonomes, radicaux etc. … Il faut les enrichir les compléter et surtout les faire vivre. Il est possible d’entamer la discussion à cette adresse tout aussi explicite qu’anonyme : anarluttant (arobase) gmail.com

Quand vous danserez au temps des cerises

Si vous avez peur des chagrins d’amour

évitez les balles,

moi qui ne crains pas les peines cruelle

je ne vivrais pas sans lutter un jour.

D’après Clément

« La pensée procède de l’action et revient vers l’action » Proudhon

1 Entre autres réunions de l’AFA contre la Citadelle, débat sur l’histoire des Lutte, au cours de Bloque ton week end (BTW), à l’insoumise.

2 Entre autres projection d’Une histoire populaire américaine par la CNT, conférence sur le véganisme par L214, soirée trêve hivernale à la Madina, fête Bloque ton week-end à la Misère…

 

Ce que les anarchistes ont dit depuis des années et que les gens de gauche devraient entendre.

Nous donnons ici une traduction paru  d’un article du site anarchiste americano-canadien itsgoingdown.org

WHAT ANARCHISTS HAVE BEEN SAYING FOR YEARS, AND WHAT LIBERALS NEED TO START HEARING (1)

( PDF liberals-1  article original ) . nous pensons qu’il peut avoir une résonnace ici, en France, dans cette période électorale. Pour anticiper sur une polémique :  ce que les auteurs (anonymes) appellent ici anarchistes correspondrait davantage en France aux anarcho-autonomes et aux antifas, soit une partie du milieu anarchiste. Il n’est pas fait ici mention du travail révolutionnaire mené par les anarcho-syndicalistes ou les communistes libertaires, ni des positions des anarchistes non-violents. Mais tous les anarchistes pourront partager, nous le croyons, le jugement sur les élections, ainsi que l’urgence d’une révolution. Quels que soient les moyens que nous employons pour en hâter l’inéluctable arrivée. (Ou pas) . 

1 « Gens de gauche » traduit mal « liberals » qui désigne, en gros tous les gens engagés à gauche, plus ceux engagés dans les droits de l’homme, l’environnement la lutte contre les dominations sans se situer politiquement. Cf http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=17578 (NDT) Traduction  française; blog Guerrier Nomade

Mercredi 7 décembre 2016, université A&M du Texas, alors que des agents du FBI surveillent des centaines de manifestants, du haut des toits, la police anti-émeute, lourdement armée se heurte à des manifestants qui veulent empêcher un rassemblement organisé par Preston Wiginton, 51 ans, un suprémaciste blanc, ancien étudiant de ce campus. Était prévue une allocution de Richard Spencer, un idéologue leader du mouvement en pleine croissance « Alt-Right » qui cherche a donner une nouvelle image aux idées fascistes, néo-nazies, et nationalistes blanches, auprès de la génération du millenium afin de créer un État ethnique fasciste entièrement blanc. Ces affrontements sont les plus récents d’une série de confrontations croissantes entre les révolutionnaires autonomes et l’ED (extrême-droite) raciste qui agit comme une force auxiliaire de Trump, tout en essayant de le pousser plus loin vers la droite. 2

Les anarchistes et les antifas qui avaient été diabolisés ou méprisés par la gauche entendent désormais des gens de gauche et des gauchistes3 leur dire «  vous avez toujours eu raison » . Mais alors que les idées révolutionnaires anarchistes connaissent une plus large audience, la plupart de ce que les gens commencent à dire, nous le disons depuis des années.

Les enjeux sont de plus en plus importants. Les forces d’extrême droite croissent, ici aux USA comme partout dans le monde, mais elles augmentent dans le contexte d’un échec cuisant du néolibéralisme d’une part, et d’autre part des partis socialistes et gauchistes, issus de mouvements comme Syriza et Podemos. La chute continuelle d’une économie restructurée laisse de côté des millions de personnes.

De plus, la production industrielle et l’extraction de ressources qui font avancer ce système ont continué à s’emballer. Cette année a marqué un étape abominable : ; Le taux moyen de CO2 dans l’air a atteint 400 ppm de CO2 4

Beaucoup de scientifiques et mêmes des organisations gouvernementales prédisent des changements radicaux de climat, et les schémas météorologiques change rapidement. La révolution, (dans le sens où tout va être renversé), est inévitable. La question est : quelle sorte de révolution ?

Alors que la catastrophe écologique est présente, tous les signaux montrent un accroissement continu du fossé entre riches et pauvres, l’inégalité dans tous ses aspects, et une insécurité et précarité croissante pour les travailleurs et les pauvres. C’est vrai dans les centres urbains comme dans les Appalaches. A la base, les salaires stagnent, la pauvreté et le nombre de SDF augmentent, la gentrification s’insinue partout, et les conditions de vie générales continuent à se dégrader pour beaucoup d’Américains, pendant que le plus riches se se sont encore enrichis.

Plus encore, la répression dans les rues américaines, continue à empirer, alors que le gouvernement continue a monopoliser les pouvoirs de surveillance et d’espionnages, les prisons sont bondées, la police tue environ trois personnes par jour, et le maintien de l’ordre devient de plus en plus militarisé. Pour faire court, pour la plupart des gens la situation empire au lieu de s’améliorer.

L’arrivée au pouvoir de Donald Trump n’est que le signal de l’accélération de ces réalités. Depuis l’intention de Trump de pousser à plus de projets d’extraction ; pendant que s’achève le Pipeline du Dakota5, en passant par l’accroissement de la surveillance publique, les attaques contre les femmes, les queers, les travailleurs migrants et les musulmans, jusqu’aux attaques tous azimuts contre la population : la baisse des programmes sociaux, les attaques contre les syndicats,etc

Et l’enrichissement des riches qui continue.

Face à tout ça:l’extrême droite révolutionnaire qui augmente ses troupes, la crise écologique actuelle, les attaques contre les travailleurs, les pauvres, l’environnement, et ceux qui sont les plus vulnérables, beaucoup demandent ; où est l’opposition ? La réponse est claire comme le jour, mais elle n’est pas dans les palais du pouvoir, parmi les politiciens, les leaders de syndicats ou dans les grosses ONG.

Au contraire, elle est chez les émeutiers, les bloqueurs, les gens en masques de ski, et dans les rues. Ceux qui en sont en première ligne pour se battre contre les flics. Les gens qui attaquent, se défendent, s’organisent, construisent et augmentent leur nombre. Nous vivons à une époque qui est marquée, non seulement par une crise qui augmente, la réaction qui se fortifie, mais aussi par une résistance et un refus de masse explosifs et insurrectionnels. En même temps (et cela n’a jamais été aussi clair pour autant de gens) que la gauche institutionnelle et électoraliste montre son inutilité.

La crise que nous affrontons n’est pas seulement celle du capital ou de la civilisation industrielle, mais aussi celle de son opposition – oh si loyale – : la gauche.

Peut être que maintenant vous allez finalement commencer à écouter.

L’État n’est pas neutre

Le gouvernement n’a jamais été un outil pour changer la vie des gens ; il a toujours été une force qui les organise pour les intérêts des riches et des puissants.

Un État est un ensemble d’appareils hiérarchiques qui détient un monopole de la violence dans un territoire donné et a la possibilité de renforcer son pouvoir via la police. Les États existent pour être sûr que les divisions internes à la société ne font pas s’écrouler toute la structure du pouvoir. Comme prole.info l’écrit dans « Work Community Politics War/ Guerre de classes travail • communauté • politique • guerre« 6:

Quel que soit le gouvernement, le gouvernement a sa propre logique. Cette société est divisée en classes ayant des intérêts opposés et cela signifie qu’elle risque toujours d’éclater en morceaux. Le gouvernement est là pour s’assurer que cela n’arrive pas. Que le gouvernement soit une dictature ou une démocratie, il détient toutes les armes et va les braquer sur sa propre population pour être sûr que nous allons bien au travail.

Mais les gauchistes dépeignent une image très différente. Ils présentent, à la place, l’État démocratique comme une institution neutre qui a seulement besoin qu’assez de gentilles personnes en fasse partie.

Comme quelqu’un l’a écrit dans «  Après Bern7 : une lettre ouverte aux nouveaux déçus. » 8

Il y a un système immense de violence et domination au dessus de nous qui permet aux roues de ce système de continuer à rouler. Alors qu’il semble que nous avons la main pour donner une forme à nos vie, en réalité, sont mis en place des systèmes clairs de contrôle et de management, pour être sûr que les structures fondamentales de cette société ne sont pas menacées. Quelle que soit la personne élue, quel que soit le parti politique que vous rejoignez, l’apparence de contrôle populaire de démocratie, est une illusion totale.

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Image extrait de l’article « After Birn »

Un État n’est pas un rassemblement neutre d’humains ; il est, en réalité, un instrument de dictature coloniale et de classe. C’est comme cela que l’État américain a été toujours organisé : l’Amérique est une nation de colons, créée à partir de colonies dirigés par des pouvoirs impériaux. Comme John Jay , l’un des Pères fondateurs9 l’a dit :

Les gens qui possèdent le pays doivent le gouverner.

La raison pour laquelle la classe ouvrière et les pauvres ne peuvent pas réussir dans la politique n’est pas que l’on manque de gens impliqués dans le changement ou la participation à la vie publique, mais c’est que les gens qui dirigent l’État ont des intérêt à défendre dans le statu quo. Cela n’a jamais été aussi clair que depuis l’élection de Donald Trump : l’ensemble de la classe politique se met dans les rangs, pour travailler avec un fasciste afin de préserver la paix sociale.

Le but de l’État est d’assurer la possibilité de gouverner et de réprimer un territoire à travers la force et la violence dans l’intérêt de ceux qui sont au pouvoir ; ce n’est pas un moyen par lequel nos vies peuvent être améliorées.

L’électoralisme ne conduit pas au changement social.

C’est une illusion de croire que l’urne électorale est le seul moyen de créer du changement, et de préserver les acquis du peuple. C’est aussi le leitmotiv de la plupart de la gauche. La Démocratie n’est que le rideau derrière lequel nous masquons la dictature sur nos vies. Comme Scott Campbell l’a écrit dans « Tromper la peur et chercher la sécurité dans la résistance » 10

Alors que des dizaines de millions de gens se sentent bernés11 par l’élection de Trump, et que la plupart d’entre eux ne se sentent pas non plus attirés par la mort plus lente promise par Mme Clinton, les critiques du système électoral deviennent légion : le système compliqué des primaires, la corruption du comité national démocrate, l’anachronisme des grands électeurs…12 Ces objections visent seulement une amélioration de la gouvernance, prenant l’actuelle dispositif de celle ci comme une invariante.

Au lieu de pointer les pailles dans un cadre oppressif, il est plus constructif de reconnaître que le système fonctionne pour faire élire un des deux représentations humaines des principes fondamentaux des USA, d’un côté l’impérialiste néo-libérale et de l’autre le suprémaciste blanc misogyne. Comme on dit « quel que soit votre vote, ils gagnent. » La source du mécontentement, de la dépossession et de la mort ne peut pas être détruite dans l’urne. La construction sociale de la race et du genre ne peut pas être expulsée de nos vie par le vote, de même que le capitalisme ne peut pas être aboli par un trait de plume. Les partis d’extrême-gauche ne sont que les soupapes du système, dont l’utilité est de diriger les énergies dissidentes vers le processus électoral où elles peuvent être neutralisées13.

L’illusion, inhérente au vote, de choisir et de peser est, en réalité, un acte de disempowerment14 et de reddition. Maintenant que la désillusion s’étend, l’opportunité s’offre de profiter de la déception électorale et d’offrir des propositions alternatives avant que le système ne saisisse la prochaine occasion de récupération dans deux ans quand «  Nous devrons reprendre la Maison blanche ». En partie, cela consistera à démentir les légendes sur le vote, à contredire les mythes portés par le mouvement des droits civiques ou le Black power à propos du droit de vote, de la démocratie comme plus haute expression de l’organisation humaine et de la liberté, et de saper le poids psychique et les valeurs que le vote trimballe dans cette société. Voter ou ne pas voter n’est pas la question, il s’agit plutôt de dé-réifier le vote, et de le situer dans notre contexte actuel, en suggérant que le réel travail se fait partout ailleurs que dans l’urne.

Si cela n’avait pas de telles conséquences, vue de loin, la politique électorale serait ridiculement absurde. L’idée de sélectionner une seule personne pour en gouverner des millions, fondée sur le fait qu’ils résident dans une configuration territoriale arbitraire, est antique, incohérente avec le système mondial actuel, marque une dictature sans représentation réelle.

Comme Scott Jay l’a écrit dans « L’appel du magazine Jacobin pour la création d’un nouveau parti15 signifie seulement un peu plus d’électoralisme »16

Les stratégies électorales semblent toujours se concentrer sur leur financement et leur auto-promotion avec juste assez de bla bla pour leur donner l’apparence d’être en phase avec le mouvement social, mais rien de plus. Au lieu d’être le point de départ de combats sociaux, l’électoralisme a toujours été une escroquerie dont les seules stratégies concrètes profitent à elle-même et à rien de plus large. Plutôt que de développer une stratégie pour faire avancer les mouvements sociaux, l’électoralisme est presque exclusivement une justification de sa propre survie. Dans le contexte d’une pays dominé par deux grands partis, cela signifie souvent profiter au parti démocrate.

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Cela n’a jamais été plus clair qu’avec la campagne de Bernie Sanders, qui a été utilisée pour faire se jeter des millions d’électeurs pauvres, jeunes, et de la classe ouvrière dans les bras du Parti démocrate, après huit ans de trahisons d’un président qui se présentait sous le signe de l’espoir et du changement, mais faisait le contraire. Après que Sanders , a été écarté par le comité national démocrate, il a retourné sa veste et mené campagne pour Clinton, et envisage maintenant de travailler avec Trump.

Quoi qu’il en soit, la plupart des gens aux USA ne voulaient rien avoir à faire avec les élections, et n’ont même pas voté. Comme le blog « Where the River Frowns » le fait remarquer dans « les USA élisent le président Untel avec le soutien fort de 10 % des Américains. »

« Les estimations indiquent que 128,8 millions d’Américain ont voté lors des élections présidentielles ce qui représentent 55,6 % de la population pouvant voter. Si les gens qui sont exclus pour des raisons d’âge ou de condamnation sont réintégrés, le pourcentage tombe à 39,6 %. Parmi ceux qui ont voté, 59 millions ont voté pour le gagnant environ 18,2 % de la population totale. Selon une enquête de l’Institut de recherche PEW, parmi ceux qui votent pour un candidat, seulement 55 ou 56 % le choisissent avec une forte adhésion. Cela permet de dire que la proportion d’Américains qui soutiennent fortement le candidat élu est de 10,2 %.17

De plus, que ce soit dans le mouvement pour les droits civiques ou le mouvement ouvrier, ce sont les émeutes, occupations et la résistance et l’affrontement de masse qui ont forcé l’État à accorder des concessions, et non la longue, lente marche à travers les institutions. De surcroît, le processus démocratique a seulement permis aux droits acquis, et aux meilleurs conditions de vie d’être pulvérisés par des forces plus puissantes, soutenus par l’État lui-même. Pour faire court, les moyens anti-démocratiques ont forcé la main de l’État, alors que pendant des décennies, tandis que les luttes cédaient la place à la politique, ces gains ont été perdus.

Ce que cela veut dire, c’est exactement ce que les anarchistes ont toujours dit. Que, non seulement, le chemin électoral ne mène pas au changement social, sans parler de  »révolution » – mais, surtout, la grande majorité des Américains rejette la tromperie bipartites à laquelle s’accroche la plupart des gens de gauche, à moins qu’ils pensent créer une alternative à l’intérieur de ce système électoral.

Nous devons construire un mouvement en dehors des partis politiques et de la politique.

La politique se nourrit des mouvements sociaux et des combats de base et ne les nourrit pas. Comme l’écrit Scott Jay18

L’activisme électoral se nourrit de l’activisme électoral. Il repose sur lui même pour avancer. Il attire des gens attirés par la politique électorale, et , généralement, pas ceux qui sont engagés dans la lutte de classe. Il n’a pas besoin, et ne nourrit pas la lutte des classes, sauf s’il est capable de tirer avantage du sacrifices de militants, afin de se déclarer le représentant d’un mouvement social qu’il n’a pas créé.

Depuis 8 ans, nous avons vu une grande variété de mouvements sociaux se déclencher et mourir, tous récupérés et jetés aux ordures par l’électoralisme et écrasés par l’État. Après la crise économique, nous avons vu se développer les occupations d’universités, et l’explosion du mouvement Occupy. Obama, avec l’aide de la Sécurité intérieure et des centres anti-terroristes. et une coalition de polices locales a écrasé les occupations dans une vague de répression violente.

:

Plusieurs années après, nous avons vu exploser l’insurrection de Ferguson, qui a vite essaimé à Baltimore, Oakland, Charlotte, Milwaukee, et ailleurs. D’autres combats, mouvements et soulèvements de masse ont rapidement suivi, depuis la grève des prisons, le mouvement #NoDAPL contre le pipeline du Dakota, jusqu’aux émeutes et affrontements de masse qui ont suivi l’élection de Donald Trump. De nouveau, Scott Jay :

Il y a des jeunes gens dans tout le pays qui se sont soulevés contre la police meurtrière de plusieurs d’entre eux dans les dernières années. Ils ne se sont sans doute pas demandé si leurs actes pouvaient nuire aux chances de réélection des Démocrates. Ils vivent dans des mondes complètement différents, l’un où les gens se battent pour survivre, contre un système qui essaie de les détruire, l’autre, où des gens font des plans d’architectes pour des organisations nationales, sans savoir qui va vraiment assurer la construction. Les jeunes dans la rue ont été moins concernés par le droit au vote, que par le défi lancé au système qui essaie de les tuer.

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Mais dans tous ces combats, leurs conclusions logiques et éthiques ne les conduisent pas à la politique, l’élection d’un politicien, ou à l’État, mais mènent à une insurrection, et au renversement de ces systèmes de pouvoir, d’exploitation et de répression.

Dans toutes les campagnes électorales, nous voyons une dépense d’énergie qui serait utile ailleurs. Comme « After Bern » le disait :

A travers les USA, la campagne Sanders a levé plus de 207 millions de dollars,. Les gens ont frappé aux portes, ils ont édité des autocollants, organisé des rassemblements, et passé des appels téléphoniques.

Que ce serait il passé si nous avions utilisé ce temps (perdu) cette énergie, et cette organisation à construire quelque chose qui ne serait pas fondé sur l’élection d’un politicien ? Si nous avions mis tout ça, ces millions de $ dans la construction d’organisations qui pourraient se battre, gagner et s’emparer du pays ?

Dans,toute la rhétorique de la campagne de Sanders, son utilisation du langage d’Occupy et de Black lives matter,19 (deux mouvements que les démocrates ont aidé à écraser sous leurs propres talons), il n’y avait pas de « révolution politique », mais, en plus, ceux qui ont été dynamisés par Sanders sont maintenant prêt à être dirigés directement dans la machine du Parti démocrate.

Nous devons construire des organisations, des équipes, des réseaux et des mouvements, forts, dynamiques, de base, depuis la base et non du haut vers le bas. Ils doivent être basés dans nos quartiers, lieux de travail, écoles et communautés, et non dans les lieux de pouvoir. Nous devons trouver des moyens de nous rassembler pour amplifier notre pouvoir et notre force collectifs.

Ne gaspillons pas cela dans le vote20.

Nous avons besoin de mouvement de lutte avec des dents, non de tentatives pathétiques de prendre un siège à la table du pouvoir.

Les affrontements amènent les gens dans les mouvement et les combats, ils ne les en détournent pas !

La gens de gauches et la plupart des gauchistes disent que les stratégies d’affrontement nous font plus de mal que de bien, depuis le bris de vitrine, jusqu’aux blocages. Mais en réalité, à chaque fois que cela se joue dans les rues et dans nos communautés, ce n’est pas le cas. En fait, l’affrontement et la perturbation, en d’autre mots, combattre physiquement, attirent plus de gens que les manifestions et les lettres aux journaux n’ont jamais fait. Si quelque chose tue les mouvements sociaux, ce sont les tentatives de contrôler les choses par les leaders de la protestation ou les gens de gauche, pas les actions combatives, qui peuvent être illégales, et parfois violentes.

Nous voyons cela en jeu dans chaque combat et mouvement social. Les émeutes, blocages et affrontements avec la police au cours d’Occupy Oakland, a fait grandir et s’étendre le mouvement, comme les activistes le savaient grâce aux émeutes Oscar Grant 21 et les occupations étudiantes antérieures de plusieurs années.

L’insurrection de Ferguson a inspiré des jeunes gens à travers le pays et ont conduit à d’autres soulèvements et rebellions, qui ont attirés des dizaines de milliers de militants. Malgré les « leaders » du mouvement Black Lives Matter, tentant de soutenir les démocrates, qui l’ont ramené à la politique, et réduit à la demande de simples reformes, le mouvement a continué à évoluer et à demeurer combatif et perturbateur, pendant plusieurs années.

La grève nationale des prisons, qui était coordonnée par des organisations de base de prisonniers et des groupes de soutiens extérieurs, a été stimulée par des vagues d’émeutes violentes, de soulèvements et d’affrontements avec les gardiens.

Dans le combat contre le pipeline du Dakota, un vaste choix de tactiques ont été utilisées pour empêcher le projet, depuis l’incendie des installations, jusqu’aux manifestations de masse, aux veilleurs pacifiques en prière22, et aux attaques de banques. Dans le sillage des affrontements violents entre protecteurs des ressources naturelles, la police et la sécu du pipeline, le mouvement est devenu énorme parce qu’on voyait des écolos risquant héroïquement leurs vies aux premiers lignes . Actuellement, le projet est toujours à l’arrêt.

Les gauchistes et gens de gauche disent que les actions violentes effraient les gens et les empêchent de s’engager. Mais nous pensons le contraire. Quand les gens voient qu’un combat est réel, que des gens y jouent leur peau, qu’il y aune raison de se battre et de risquer sa vie, ils arrivent souvent en masse. Ce sont les manifestations symboliques et légalistes qui sont sans objet, ne marchent pas, et font se détourner beaucoup de gens.

L’auto-défense n’est pas le fascisme

Le fascisme vise à établir un État autoritaire, et pour ce faire il doit détruire ses ennemis afin de construire son pouvoir. Si nous voulons les stopper nous devons les détruire, et les virer des rues, sans quartier, et sans les laisser s’exprimer.

Mais alors que l’ED a grandi en réaction de Black Lives Matter, et en devenant un auxiliaire de la campagne de Trump, les gens de gauche et certains gauchistes ont répété un flot de déclarations imbéciles à propos de ceux qui prennent tous les risques pour combattre le fascisme.

De plus, les gens de gauche disent qu’utiliser la violence contre le fascisme, ou combattre les fascistes et ne pas les laisser s’exprimer, est en fait aussi mauvais que ce que font les fascistes – en fait c’est le  »vrai fascisme ».

Nous pensons qu’en réalité c’est le contraire qui est vrai. Depuis les élections, des centaines de crimes racistes se sont déroulés, alors que la victoire de Trump a galvanisé l’ED comme jamais auparavant. Dans le sillage des agressions dans tous les USA, la position antifasciste selon laquelle l’action combative et militante contre les fascistes est en fait de l’autodéfense communautaire n’a jamais été aussi partagée.

Si vous ne voulez pas du fascisme vous devrez combattre contre lui. Donc. Ceux qui combattent le font par auto-défense, et ceux qui prennent ce risque méritent notre soutien.

Un mouvement qui lâchent ceux qui se battent pour lui ne mérite pas ce nom.

Nous avons besoin d’une révolution sociale.

Seuls ceux qui luttent savent

Les forces et les crises politiques, écologiques, et économiques, dirigées contre nous indiquent que le temps n’est pas de notre côté. L’État continue à devenir de plus en plus répressif, la situation de plus en plus terrible : l’économie continue à nous rendre de plus en plus appauvris et précaires. L’ED se renforce pendant que « la gauche » dans sa forme institutionnelle est de plus en plus faible. Le mouvement dont nous avons besoin n’est pas une copie conforme du passé, et il n’y a pas un programme scientifique de révolution auquel nous pouvons adhérer. Nous entrons dans un territoire qui est nouveau et différent de n’importe quel autre dans l’histoire. Ce que nous savons est que nous avons besoin d’un mouvement dynamique, combattant et combatif. Nous avons besoin de réseaux de défense, de support, et d’une capacité offensive pas seulement pour mener les combats qui s’offrent à nous, mais aussi également commencer à construire de nouveaux mondes.

La gauche, telle qu’elle est définie par les « règles » du changement social et de la révolution, et celle qui est mise en avant par tout le monde, depuis les marxistes jusqu’aux Bernie Brothers,23 ou aux gens de gauche à autocollant de voiture24, est finie.

Nous sommes ceux de la rue. Nous sommes ceux qui combattons. Nous sommes de ceux qui niquent la BAC25. Depuis les guerriers indigènes26, les combattants anti-fascistes, les militants de la libération noire, et les révolutionnaires anarchistes. Nous faisons partie de la force croissante qui construit quelque chose de nouveau.

Et nous sommes ceux qui déciderons du cours de notre destin, et sortirons de ce cauchemar une fois pour tous.

Première édition chez It’s Going Down

itsgoingdown.org

Traduction  française; blog Guerrier Nomade.

2 L’alt-right abréviation d’alternative right ou droite alternative ( aux Conservateurs) est également masculiniste et homophobe. C’est une appellation de propagande, est destinée à gommer les connotations négatives liée aux termes « suprémacistes blancs » ou « néo-nazis »., mais sans abandonner ces idéologies. Se présentant comme la droite jeune et fun , L’alt-right a soutenu Trump et espère participer au pouvoir. Richard Spencer, leader du mouvement opportunément nommé Alternative Right est un des nombreux candidat au leadership de la nébuleuse Alt-right qui se dit inspirée par les populistes « islamophobes » de l’Europe du nord. En son sein circule la théorie du complot pour le génocide de la « race » blanche ! » « cf https://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Altright&oldid=757083887 » (NDT)

3 « Liberals and leftists » (NDT)

5 Un pipeline de pétrole devait traverser une rivière qui alimente une réserve sioux. D’où un mouvement mené par Taureau Courageux, associant Sioux, anars et écolo. La violence de la répression (chiens et gazeuses au poivre) et l’arrestation de personnalités de la politique et des médias, ont rendu ce combat célèbre, il continue encore.

6 Anonyme, Work Community Politics War , prole.info, 2005 traduction fr. : Vinaigre GUERRE DE classe travail • communauté • politique • guerre, Vinaigre, 2012 (NDT)

7  Bernie Sanders (NDT)

8  Anonyme, After Bern, an Open Letter To The Newly Dishertened, It’s going down, 8 juin 2016, [online] https://itsgoingdown.org/bern-open-letter-newly-disheartened/

9 Un des fondateurs de l’État américain. Partisan, mis en minorité, du renforcement du pouvoir de l’État fédéral, face aux différents états fédérés.

10 Scott Campbell, Trumping fear, finding security in resistance., It’s going down, 1 décembre 2016. [Online] https://itsgoingdown.org/trumping-fear-finding-safety-resistance/ , consulté le 02/01/2017 (NDT)

11 Tentative pitoyable de rendre compte du jeu de mot « burned » (brûlés) sonnant comme Bern (Sanders)

12 On sait que Ms Clinton a obtenu davantage de voix que M. Trump. Cf https://fr.wikipedia.org/wiki/élection_présidentielle_américaine (NDT)

13 Mot à mot « rendues moins menaçantes »

14 Le contraire de l’empowerment, le fait de donner du pouvoir à un groupe dominé.

15 Le magazine Jacobin, qui a soutenu Bernie Sanders, suggère de créer un troisième parti afin de capitaliser l’élan de soutien au social démocrate.

16 Scott Jay, Jacobin’s Call For a « New Party » Means Only More Electoralism, It’s Going Down, 1 décembre 2016. [Online] https://itsgoingdown.org/jacobins-call-new-party-means-electoralism/

17 Un tel calcul donnerait 15,26 % pour François Hollande.

18i bidem

19 « les vies noires sont importantes » mouvement de protestation contre les meurtres de blacks par la police.

20 Mot à mot « ne pissons pas cela dans les votes »( NDT)

21 Oscar Grant est un jeune black abattu dans le dos par un policier ferroviaire, lors d’un contrôle d’identité à l’aube du premier janvier 2009. Ce meurtre, filmé par plusieurs téléphone et diffusé sur le Net, ainsi que la clémence de la condamnation, a entraîné de nombreuses manifestations violentes.

22 sic

23 Les soutiens de Bernie Sanders

24 La coutume américaine est d’exprimer ses idées , passions ou hobbies dans des grands autocollants sur lesbumper arrière (NDT)

25 J’ai rajouté cet slogan du récent mouvement anti travail pour rétablir le rythme trinaire qui convient mieux au français (NDT)

26 Les militants amérindiens pas les Indigènes de la république ! (NDT)

#Lille communiqué de l’Insoumise librairie autogérée expulsée

Salut à toutes et à tous,

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Hier, mercredi 4 janvier, vers 19h nous apprenons par des gens du quartier que la police municipale entre par effraction dans L’Insoumise. Nous arrivons pour constater que des uniformes surveillent la porte en attendant que l’entreprise Rabot-Dutilleul ferme le lieu. Le responsable de la mairie nous assure qu’il ne s’agit que d’un placage en bois provisoire en attendant qu’un expert considère si l’incendie n’a pas endommagé la structure du bâtiment. Auquel cas il n’y aurait pas d’expulsion. Nous savons que la structure du bâtiment n’a pas été touchée, les pompiers nous l’ont confirmé. Nous savons aussi que les
flics comme la mairie mentent comme des arracheurs de dents.

Du monde arrive, ça commence à gueuler. Ils appellent du renfort, on fait de même, assez rapidement on se retrouve une bonne cinquantaine à voir ce qu’on peut faire devant les lieux. Les CRS se pointent, chiens en laisse et flashball en bandoulière. On gueule : « La mairie profite de l’incendie », « Prolo dégage, la mairie aménage », « Une expulsion, mille
ouvertures ». Bousculade, manif sauvage, les flics chargent et gazent, on se disperse 200 m plus loin.

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Le lendemain matin la mairie mure, l’expert ne passera jamais. La mairie a trouvé une bonne excuse pour en finir avec ce lieu. Rappelons qu’elle fait suite à celle, la semaine dernière, des mineurs isolés des Olieux, toujours livrés aux tenailles du froid.

Retrouvons-nous dans les locaux voisin de la CNT ce dimanche 8 janvier à 13h pour trouver une réponse collective face à la gentrification et à ces nouvelles expulsions hivernales.

Pas de toit, pas de pitié.

L’Insoumise

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Je toi lui nous vous elles ; le polyamour essai de problèmatisation anarchiste.

 

 

 

Le Polyamour une arme contre le patriarcat ? (ici une affiche de propagande nazie)
Le Polyamour une arme contre le patriarcat ? (ici une affiche de propagande nazie)

Je toi lui nous vous elles ; le polyamour essai de problématisation anarchiste.

Projeté hier à Lille, jeudi à Lyon1, le film « Lutine », accompagné par sa réalisatrice fait un tour de France, dans le circuit militant du genre. Ce film s’inscrit pourtant en territoire hétéro. Il parle du lutinage, ou polyamour/. Le polyamour est une situation, une pratique voire une manière de vivre, et quasiment une identité, dans lesquels plusieurs personnes ont des  intimate relationships  avec plusieurs personnes, sans le cacher aux différents partenaires. Le terme anglais intimate relationships peut se traduire par « relations amoureuses et/ou sexuelles », qui peuvent inclure des hétéros, des bi, des gays, des lesbiennes, des aromantiques, des abstinents, des pansexuels etc ( chacun peut ajouter son genre.) Les question que je me suis posées pendant toute la soirée portent sur la réelle nouveauté de la chose, qui ressemble beaucoup à ce que l’on appelait l’amour libre, jusqu’à l’apparition du SIDA, et , déformation militante, en quoi c’est un sujet politique, qui concerne l’espace publique, en quoi les personnes concernées ont des revendications, sont source de changement et comment cela peut s’inscrire dans l’intersectionnalité des luttes contre les dominations. Je vais dans un premier temps raconter le film et le débat pour permettre à chacun de se faire une opinion, et ensuite tenter de répondre aux questions, d’un point de vue anarchiste militant.

Ce film présente d’abord un intérêt formel. Il raconte l’histoire d’une film en train de se faire. Ce film lui même est un documentaire filmé à la manière d’une fiction, mêlant acteurs et non-acteurs, chacun rejouant des situations réelles. On a donc quatre niveaux : une première couche documentaire qui montre la difficulté de faire un film à très petit budget ( 12 000 euros), une seconde couche fictionnelle, où les différente étape de réalisations sont rejouées, par la réalisatrice, actrice-née et des acteurs représentant un amant cadreur un acteur jouant l’amant, et devenant amant etc…une troisième couche documentaire, montrant des polyamoureux qui témoignent face à la caméra, ou débattent dans un « café poly », et enfin, une quatrième couche où des acteur rejouent des témoignages de polyamoureux. De surcroît la réalisatrice a intégré des scènes de fiction totale, mais symbolisant une réalité sociale, telle que cercle hallucinant de réalisateurs anonymes, qui , à la manière de malades alcooliques se lèvent tout à tout et disent «  je m’appelle Pierre, je n’ai pas tourné depuis 15 ans… » avant que la meneuse de jeu ne désigne le réalisateur qui dirige une ronde infernale où ces cinéastes maudits se mettent en branle au cri de « moteur » en hurlant « ça tourne ». (C’est un extrait d’un film réalisé par Renaud Cohen : Au cas où je n’aurais pas la Palme d’Or  !)

Le débat qui accompagne systématiquement le film rajoute une cinquième couche, puisque les questions portent beaucoup sur ce qui est vrai, ou faux dans ce qui est dit et joué.

L’histoire personnelle de la réalisatrice, Isabelle Broué, et celle du film s’inscrivent dans le paradigme patriarcale. Cette femme très attirante a vécu une longue histoire avec un producteur de cinéma richissime. Sortie de la Femis, elle a réalisé, Tout le plaisir est pour moi un long métrage de fiction sortie en salle en 2004. Il s’agit d’une comédie féministe racontant les aventures d’une femme qui a perdu son clitoris. Le film est sans doute le seul qui a été interdit au moins de douze ans à cause de la représentation d’un clitoris par un substitut en latex ! Elle tombe enceinte au moment de la sortie du film et accouche au moment de la sortie en DVD. Elle décide de s’arrêter de travailler un peu pour s’occuper de son fils, et tombe dans le piège, comme elle dit. Dix ans plus tard, elle se considère toujours comme réalisatrice, mais n’a pas tourné de second film. Dans la scène d’ouverture du film son fils lui demande « c’est quoi un métier dont on ne vit pas. » elle essaie d’expliquer qu’on ne gagne pas sa vie avec de l’argent mais avec du bonheur, mais ça passe mal auprès de sa mère ( ou d’une actrice qui joue celle-ci ?). Pendant ses dix années elle a fait son chemin mental : s’intéressant – forcément- à la position dominée de la femme au sein d’un couplé hétéro, elle pousse la porte d’une des premiers cafés polyamour, et comprend qu’elle est faite pour vivre cela. Deux ans plus tard elle rencontre Loïc et et continue à vivre avec lui (et d’autres, si vous suivez!) le polyamour, au prix d’une séparation avec le père de ses (maintenant ) deux enfants. Et naît une envie de film, pour laquelle elle abandonne, et c’est éloquent, un projet de film pour Arte sur les violences psychologiques au sein du couple. 2

Ce film portera sur le polyamour, mais Isabelle ne sait pas comment on fait un film sans avoir un producteur à la maison. Avec une grande clairvoyance elle décrit la réaction attendue des banquiers ou des autres producteurs :

« Tu veux faire un film ? Le dernier c’était quand ? Il y a dix ans ? Une fiction documentaire ? Et tu joues le personnage principal ? tu as combien ? 47 ans ? … »

Dans le secteur du cinéma, comme ailleurs sont exclus rapidement les chômeurs, et les femmes d’un certain âge. Formatrice en cinéma elle se rend compte que certains élèves ont tourné plus de films qu’elle, en utilisant des téléphones portables. WAIT !

Et pourquoi pas elle ? Le film commence lorsque, filmée par l’iPhone de son compagnon elle lui explique son projet. Ensuite alternent scènes jouées comme des fictions, et scènes jouées comme des documentaires. Ce que nous appelons fiction est une comédie à la Marivaux. A aime B, mais s’autorise des aventures sans le lui cacher. Elle lui demande de jouer son propre rôle, dans un film sur les amours plurielles, mais il refuse, par peur de la réaction de « ma femme »

«  ton ex-femme « , corrige A…

A noter, parce que la question est venue pendant le débat que B est joué, dès ce moment là, par un acteur. A dit au personnage B (Gaël, joué par Mathieu Bisson) qu’elle va engager un acteur, pour jouer leurs conversations ; appelons le C (l’acteur Philippe Rebbot et le personnage Philippe) . C joue son propre rôle ( ou plutôt joue le rôle d’un acteur) et celui de B. Dans un scène emblématique et qui pourrait devenir culte chez les cinéphile A explique à B qu’elle a joué une scène ou elle a embrassé avec la langue C jouant le rôle de B, et précisément parce que c’était quelqu’un d’autre jouant le rôle de B elle y a pris plaisir. B, polyamoureux convaincu, initiateur d’A à cette ( disons) philosophie de vie, manifeste cependant un léger agacement, signe de jalousie, qu’A tente d’apaiser par un fougueux baiser. Elle décide de rejouer cette situation avec C, dans le rôle de B. Quand elle lui explique la situation, comme le fait habituellement un réalisateur avec un comédien, C sort de son rôle de professionnel ( il l’est doublement puisqu’il est un acteur qui joue un acteur) pour demander, un peu perdu, comme le spectateur3 , mais tu as vraiment dit que « tu prenais du plaisir à m’embrasser ? «  Puis ils rejouent la scène et elle se termine par un baiser bien plus fougueux que dans la « réalité » ( la réalisatrice pense que la passion ne dure que 18 mois.) Au bout d’un moment B qui filme dit

«  coupez c’est bon, je crois que ça suffit là. »

D alors demande

«  on peut la refaire là ? Pour moi ! Je ne voudrais pas que ce soit ce baiser qui soit monté et que ma femme le voit. »

Le film ne raconte que cela finalement : qu’il est naturel d’être attiré par d’autres personnes que celle que l’on aime, et que celle que l’on aime ne trouve pas ça cool en général et que l’on doit lui mentir, ce qui n’est pas cool. Il est étrange qu’un film qui mélange dans un tel vertige toutes les strates de la fiction, qui se présente comme un mensonge disant la vérité4 stigmatise autant le mensonge. Mais c’est ainsi que les pratiquants du polyamour se justifient de s’épancher sur leurs pratiquesen dehors de la chambre à coucher ou le salon d’amis : ils ont une sorte de message moral à délivrer contre les mensonges et les hypocrisie du couple. Et ils veulent témoigner à quel point ils sont heureux, sans culpabilité ni jalousie. Il faut les pousser lors du débat , et ce n’est pas dans le film, pour qu’Isabelle et Loïc émettent des revendication : le polymariage principalement ( une des témoins du film appelons la India s’est « mariée » en Angleterre avec ses deux compagnons).. Mais aussi en discutant avec les membres de polilille, la difficulté d’obtenir un prêt pour un appartement. Le parallèle que fait Loïc entre le milieu poly et le milieu LGBT est très léger. Pas de poly tabassé à mort par des flics, violé parce que poly, discriminé à l’embauche dans la recherche d’une logement. Pas d’interdiction d’adopter, pas de refus d’assistance pour la procréation. Au contraire le polyamour hétéro présenté dans le film, est un sûr remède à l’infertilité masculine, et dans un réseau polyamoureux, il serait facile trouver une mère porteuse.

En revanche ce qui fait penser au milieu gay d’il y a vingt ans, c’est la position du missionnaire, euh le prosélytisme des poly. Des militants gays et lesbiens ont longtemps nié la bisexualité, présenté comme une homosexualité non assumée, soupçon qui pesait également sur de nombreux hétéros.. Aujourd’hui, encore un camp de lesbiennes séparatiste refuse les trans. Aujourd’hui les poly ont un peu ce discours : nous sommes les seuls qui vivons bien notre sexualité. Bien dans le sens bien pour nous, mais aussi, quelque par t bien comme l’axe du Bien. Dans le film un des personnages, parlant d’une femme mise au courant par son mari de sa conversion au polyamour, et donc de ses relations extra-conjugales, demande «  mais est-ce qu’elle a demandé à le savoir ? » Cette réplique vise un effet comique, mais il y a une vérité derrière. Mais lorsque je tente de dire que des personnes peuvent se sentir mieux dans le mensonge, le non-dit, les semi-vérités etc. Isabelle fait la moue ( elle fait la moue avec beaucoup de gens!) , mais elle finit par admettre que son propos est finalement de dire que chacun doit vivre sa sexualité et ses amours comme il l’entend du moment que personne ne souffre.

A ce sujet , et ce n’est pas abordé dans le film, on eut se poser des questions sur la réalité de la libre acceptation de la situation. Anne aime Benoît mais couche parfois avec son ami Charles, qui est célibataire, et a des relations purement physique avec Denis qui a formé une famille recomposée avec Élise, qui couche souvent avec François, et qui est divorcée de Georges qui, prenant conscience de sa bisexualité couche avec Hervé, Irène, et de nombreux amants de passage. On a une dizaine de personnes impliquée, sans parler des compagn-e-ons de François, Hervé, Irène et les autres. Par quel miracle tous ces gens ont envie en même de vivre le polyamour. Mon intuition est qu’au moins un ou deux partenaire accepte la situation parce qu’ils tiennent leur situation , en souffrent et n’ont pas le droit d’exprimer cette souffrance, sous peine de passer pour un monogame, ce qui est dans ce milieu est une insulte. Cela fait penser à Deleuze décrivant le passage d’une société de la contrainte ( on est obligé ) à une société du contrôle ( on vous fait comprendre qu’il est mieux de penser ou de faire comme tout le monde, sous peine de vous exclure au groupe.) L’injonction au plaisir peut parfois être une douleur.

La question de la modernité du polyamour se pose également. L’amour libre a sans doute été pratiquée dès les origines de l’humanité. Les religions les plus anciennes décrivent des orgies continuelles entre dieux et déesses, et les religions monothéistes tentent d’endiguer ce flot de désir, ce plaisir féminin qui fait peur. Quand le Coran codifie le polythéisme c’est pour limiter à trois le nombre d’épouse que les hommes riches pouvaient alors allégrement dépasser. Le voile obligatoire, dérivant d’une interprétation hallucinatoire du Coran, montre assez la peur des chefs religieux devant la force tranquille d’une bouche de femme.Les interdits sexuels sont nombreux dans l’ancien testament et plus encore dans les écrits de saint Paul, véritable fondateur du christianisme. Il y a cinquante ans, une femme ne pouvait pas montrer ses cheveux à l’église. Sans parler, horresco referens5 de ses genoux. Au plus fort de la pudibonderie protestante victorienne, on cachait les pieds des pianos parce que le pied fait penser à la cheville, qui fait penser à la cuisse qui …ah je crois que je vais faire une attaque…

On constate que les collectifs de polyamoureux se développent très vite depuis quelques années. On peut y voir comme Isabelle, un résultat de la fin des années SIDA, qui expliquerait la possibilité offerte de nouveau de connaître des partenaires multiples, comme dans les divines années 70. Mais cela n’explique pas pourquoi les pratiquants ressentent le besoin de se regrouper de témoigner de cette manière de vivre leur sexualité. . On peut y voire l’influence des réseau sociaux et une sorte de facebookisation de la vie sociale : quand vous êtes inscrit sur Facebook vous êtes sans cesse sollicité par « des amis » pour vous inscrire dans un groupe qui a souvent pour uniquement fonction de témoigner de votre coolitude. «le groupe de ceux qui boivent toujours un verre avec le meilleur verre » ou de « ceux qui se sont pris un râteau avec une fille pas terrible. » etc. Il existe une injonction à se regrouper, et les polyamoureux n’y échappent pas.

 Un point de vue anarchiste sur le lutinage

D’un point de vue anarchiste, soulignons d’abord que c’est dans les milieux anarchistes qu’a été d’abord pratiqué, défendu et théorisé l’amour libre. C’est un des chevaux de bataille des individualistes à qui les communistes libertaire set les anarcho-syndicalistes ont parfois reproché d’être uniquement préoccupés par la chose. L’amour libre était pratiqué dans les milieux libres,6 à la Belle époque. Cela me fait penser que la plupart de ce que je trouve cool with attitude, swag, est né au sein de l’anarchisme : le syndicalisme, les squats, le végétarisme, le terrorisme, l’écologie, l’éducation alternative, la contre information, l’anti militarisme et bien sûr l’anticapitalisme et l’anti-étatisme. 2017 est quelque part le cauchemar de l’anarchie. Imaginons un anarchiste de la Belle époque qui ressuscite dans un squat. Il apprend que plein de gens pratiquent le véganisme l’amour libre etc.

– Mais alors, ça y est l’anarchie a été réalisée en France.

– Euh pas vraiment la France va bientôt être dirigée par une fasciste ou un catholique trad.

Stirner,7 dès 1844 met en pièce la morale sexuelle. E. Armand, fondateur de L‘En-dehors et de L‘Unique, illégaliste, repris de justice, insoumis, s’en inspirera pour défendre la « sexualité libre ». Il fonda « une association internationale de combat contre la jalousie »  8dont les revendication étaient les suivantes

1) Pluralité, variété, simultanéité des expériences amoureuses

2) « ménages » à plusieurs ou « foyers » multiples.

3) Milieux de « vie en commun » colonies, basées sur le « toutes à tous, tous à toutes ».

4 Échanges de compagnes, compagnons, enfants entre associations de cohabitants

5) coopératives de camaraderie amoureuse ou érotique. 9

Il défendait l’homosexualité et le naturisme. Il eut peu de retentissement dans le milieu anarchiste, assez puritain.

Les anarchistes ont tôt critiqué l’institution du mariage sur des bases rationnelles et politiques

« il est anti-naturel de se lier éternellement à un être quelconque »

proclame une brochure publiée par une « colonie libertaire »10. tandis que Mounier, dont on voit bien à son langage qu’il est communiste libertaire dit

«  La femme doit rester toute sa vie digne de disposer de son corps qui est son bien propre. »11.

Mais ce qui est visé avant tout, c’est l’institution du mariage, base de la société inégalitaire et oppressive. L’amour libre s’entend en résonance avec l’éducation des enfants en commun dans les colonies libres, l’éducation alternative etc. C’est avant la lettre, une remis en cause du patriarcat. En cela le polyamour est intéressant, puis qu’il bat en brèche le couple. Mais il ne le l’abat pas. Le film s’ouvre par une scène de petit déjeuner de famille recomposée, comme on en voit dans les publicité ( je savais bien que l’ami Ricoré était un polyamoureux, ce type qui se pointe au p’tit dej…) . Au cours du débat, comme pensant le film, l’accent est mis par les polyamoureux sur le fait qu’ils aiment leurs enfants et les élèvent comme tout le monde. La seule différence est qu’Isabelle demande à son fils (11 ans)

« Plus tard tu seras polyamoureux ou monogame » ?

il faudrait que les polyamoureux comprennent que ce contre quoi ils luttent, en gros le patriarcat se transmet par l’éducation traditionnelle. C’est l ‘éducation qu’il faut supprimer. Sauf celle que tout parent reçois de ses enfants. Isabelle peut le comprendre, ce sont ses élèves qui lui ont appris que l’on pouvait faire un film sans argent.

Le travail, la patrie la famille est le socle sur lequel s’appuie le capitalisme qui a besoin de des travailleurs pour produire, de l’État pour l’aider dans son expansion, de la famille pour consommer, et transmettre les valeurs de la consommation, du nationalisme, du travail. Toute attaque est bonne à prendre.

Cependant, La projection était organisée par l’association féministe Chez Violette, et je me demande encore en quoi ce film est féministe. Comme je l’ai déjà signalé la réalisatrice montre son manque de solidarité avec les femmes qui peuvent être blessée par une relation polyamoureuse dans laquelle elles n’ont pas envie d’entrer. L’argument mis en avant par l’association est que le film fait le portrait d’une femme libre, épanouie, et que le polyamour lutte contre l’adultère qui est le plus souvent réalisé par les hommes. En fait je me dis qu’il y a sans doute à peu prés autant d’amants que de maîtresses et que l’argument ne tient guère. Là où le polyamour pourrait rejoindre le féminisme, c’est en dénonçant clairement le patriarcat. Cependant, des militants LGBT défendent le polyamour en le considérant comme une pratique queer.

Je pense que les militants anarchistes devraient participer aux débats organisés autour de ce film. Pour tenter d’orienter le discours vers la radicalisation. On ne peut pas être heureux au sein de l’oppression, de la domination organisée. Si le polyamour se développe et en vient à être dangereux pour l’ordre patriarcal, il sera réprimé. Les armes de l’État sont déjà prête : techniquement le polyamour est un adultère, toujours réprimé légalement. Les enfants peuvent être retirés à une mère qui vit de manière non conformiste, ( comme le raconte la chanson The Kids de Lou Reed.) Le populisme peut salir tout personne politique qui vivrait le lutinage… la meilleure défense c’est l’attaque, et la meilleure attaque c’est celle qui se fait à l’aube avant que l’ennemi ait le temps de préparer ses armes.

On peut trouver également quelque chose à apprendre par les anarchistes auprès des polyamoureux : le concept de compersion12 qui signifie « le fait d’être heureux du bonheur de la personne que l’on aime, même si on n’en est pas l’origine. » Ainsi voir sa campagne embrasser un autre doit réjouir si elle se réjouit. Consciemment ou non, Isabelle en fait un modèle économique. Elle demande un prix libre à la sortie de la projection en disant

«  votre contributions financeront la projection de Lyon, comme celles des Marseillais ont permis la vôtre. »

un chercheur a montré que le prix libre rapporte plus quand on dit «  versez ce que vous voulez pour financer le repas, l’entrée du suivant ». et les patrons de bistrot qui pratiquent le café suspendu ( un client paie un café qu’il ne boit pas et que le prochain qui le demande pourra boire gratuitement) ne font pas une mauvaise affaire . Il me semble, confusément, qu’il y a aucune leçon politique que l’on peut tirer de cela. Les anarchistes le savent bien, eux qui ont souvent sacrifié leur confort, leur liberté, leur vie, pour des générations futures vivent mieux.

Aie ! ( un anarchiste individualiste épicène).

Lutine : dossier de presse, projections à venir www.lutinelefilm.com

Chez Violette, association pratiquant la non mixité, mais pas que http://chezviolette.over-blog.org/

L’Univers, cinéma associatif géré collectivement. http://lunivers.org/

Polilille Page publique sur facebook https://www.facebook.com/polille/?fref=ts

site : http://polyamour.info/

La méduze à Lyon : https://www.facebook.com/la.meduze/

1A la Méduze

2AJOUT précision d’Isabelle : « Je m’intéresse aux violences psy dans le couple.

Donc la polyamorie m’attire au début parce que 

1. féministe, au sens égalitaire : chaque partenaire a les mêmes droits, quel que soit son âge, son sexe, son genre, son orientation sexuelle

2. moins de chances de tomber sous emprise si on a plusieurs partenaires. 

Mais je la découvre par un ami, rien à voir avec les violences psy à l’origine. 

Ni avec ma séparation. » 

3Précieux conseil de Jean-Claude Carrière, scénariste de Bunuel et prof à la Femis  : quand vous butez sur une incohérence dans votre scénario, faites le souligner par un des personnage «  mais c’est complètement ubuesque… » comme cela le spectateur se sentira moins seul à ne pas comprendre, ou à trouver bizarre que le grand blond croise sa fiancée, 20 ans après en Argentine.

4Définition de la poésie selon Cocteau. Et non de la publicité comme l’a prétendu M. Séguéla.

5« Je frémis rien que d’en parler » C’est du latin mon pote, ouais je te le dis !

6Céline Beaudet, Les Milieux libres, Les Éditions libertaires, 2006 chapitre «  De l’amour libre à l’union libre » page 124 et sequ..

7Max Stirner ( ‘1806-1856) est surtout connu pour être l’auteur de l’Unique et sa propriété, 1844 , où il fonde l’anarchisme individualiste. Inspirateur de Nietzsche, il fut en revanche combattu par Marx , qui lui consacre la plus grande partie de son Idéologie allemande.

8Cf Michel Ragon, La Voie libertaire, Plon, Terre humaine 1991

9Cité par M. Ragon, ibid

10André Lorulot, Le problème des sexes, éditions de la colonie libertaire de Saint Germain en Laye, 1908

11A. Mounier En communisme, publication de la périodique de colonie communiste d’Aiglemont, avril 1906, N°3

AJOUT : une réponse de Polylille

PolyLille Intéressant article, mais il serait bien de définir le polyamour de façon complémentaire à la vision de la réalisatrice. C’est comme si vous critiquiez un style littéraire en ne lisant qu’un seul auteur, en quelque sorte 🙂
D’ailleurs, ne serait-ce que pour aborder la question, il existe au sein du polyamour des différences de position et de vécu entre pratiques hiérarchiques et anarchiques, il est même souvent question d’anarchie relationnelle. A retenir que le film n’est en rien un documentaire exhaustif sur la question qui résumerait tout le débat politique autour du polyamour.
En matière d’oppression, je suis vraiment gêné par cette unique comparaison dédaigneuse au mouvement LGBT+. La non exclusivité génère une oppression qui se croise avec d’autres, et s’il est vrai que les moins opprimés sont ceux qui peuvent en parler le plus librement, il ne faut pas oublier que ce ne sont pas les seuls privilégiés qui la pratiquent, et que les conséquences sont réelles.

et le lien vers un article de Trans-lucide trés en faveur de l’inscription des Polys dans l’univers LGBTQIAP ( lesb, gay, bi trans, queer, indéterminé aromantique (ou asexuel ?) et pansexuel

http://uniqueensongenre.eklablog.fr/les-polyamoureuxes-font-iels-partie-de-la-communaute-lgbtqiap-mogai-a126616706

 

Dures luttes ; Les oubliées Nathalie Lemel

 

 

Ouvrière, membre de la première Internationale ouvrière; elle participe à la Commune et y crèe l’Union des femmes. Elle a été déportée en Nouvelle Calédonier avec Louise Michel.