Tirage au sort, monnaie, librisme, revenu universel, idiots utiles du capitalisme ?

(version de travail)

 

Bible de la première vague alternative Orejona en 1974, déjà confusionniste
Bible de la première vague alternative Orejona en 1974, déjà confusionniste

D’abord, pointons un impensé. Les intellectuels professionnels ou militants s’intéressent peu à ce qui se construit au sein de la classe moyenne : des théories et pratiques destinées pour la plupart à améliorer la société actuelle, dans le sens de l’émancipation de ce que les classes moyennes ressentent comme des oppressions universelles, négligeant que les riches n’en souffrent pas, et que les pauvres ont des préoccupations plus urgentes. Il manque une micro-sociologie, une anthropologie, un micro-politisme de ces petits espaces, privés pour la plupart, où est à l’œuvre une raison communicationnelle Habermas style, comme dans les salons bourgeois du XIXème siècle qu’il décrit comme inspirateurs de la Révolution française, en favorisant les échanges entre groupes sociaux (nobles éclairés, bourgeois libéraux, prêtres philosophes…). Aujourd’hui, ces lieux sont des salons de particuliers ( dont il faudrait aussi étudier leur rôle dans la diffusion culturelle, les campagnes électorales…),, des salles de réunion de start up ou de lieux de co-working, des salles d’hôtels louées… Les réunions sont fermées, ouvertes, semi-ouvertes. Elles sont annoncées par voie numérique, mais également dans de nouveaux lieux physiques de diffusion d’information ciblée : épicerie bio, lieu de ramassage des colis d’Amap, restos bobos… Ce monde qui utilise des espaces privés passe sous les radars médiatiques ou étatiques. Il pratique sans complexe un entre-soi de classe.

Sur quoi échange-t-on ? : le revenu universel, mais aussi les communs, le librisme (logiciels open source), le végétarisme, le bio, le crudivorisme, la santé douce, la création de monnaie, la liberté de pirater, les modes électifs, les agricultures alternatives, l’habitat durable, la sobriété heureuse, le refus de l’obsolescence programmée, le refus de la pub, la dénonciation du *banktérisme, la décroissance.. S’intéresser à l’un de ces sujets, participer à quelques réunions, c’est être rapidement branché sur tout le reste.

Ce milieu se garde du dogmatisme comme du pragmatisme. Un concept, un projet, n’est donc pas jugé, par rapport à des textes théoriques fondateurs, à moins de considérer comme tels les balbutiements poético-mystico-bisounours des précurseurs new age ou écolos planants. Il n’est pas confronté à la réalité sociale, à la situation. Il doit paraître « sympa », il doit pouvoir s’expliquer en deux minutes à l’aide d’un dessin animé ou d’un conte mettant en scène un petit animal sympa : colibri, ouistiti, ou marmotte à chocolat.

Ne pas être esclave des apparences (la couverture  de cet album est plus bas).
Ne pas être esclave des apparences (la couverture de cet album est plus bas).

Ce milieu utilise de nombreux outils de militants, certains de ses membres participent aux rassemblements citoyennistes avec une préférence pour les actions barrées style Cercle du silence. Ils sont accueillis dans les manifestations citoyennes genre Alternatiba, jusqu’à les phagocyter comme à Lille. Mais ils ne se confondent pas avec les occupy/indignés/debout. La plupart (suivant sans le savoir Les Beatles ou Rimbaud revu par les surréalistes) veulent changer l’homme avant la société, la vie avant le monde. Nous imaginons que Marx a écrit quelque chose de définitif sur le sujet car cette divergence a toujours existé. Judas était un militant indépendantiste, déçu par le réformiste Jésus. Et certains des compagnons de Spartacus réclamaient la diminution des coups de fouets.

D’autre part ces gens ne se battent pas, ils discutent. Chacun pense que son Idée est tellement cool et sincère qu’elle va faire tâche d’huile et devenir la pensée unique. Et ils sont tous fans des images tel que le battement d’aile d’un papillon, les dominos… Adopter, je ne sais pas, la permaculture, le tirage au sort des députés, le coitus interruptus ou l’Esperanto (un peu démodé) et disparaîtront la faim du monde, les dominations, les inégalités. C’est une sorte de croyance parano-gentille à un écosystème généralisé où on changerait tout en supprimant un prédateur ou en introduisant une nouvelle plante. Beaucoup de ces gens sont issus du catholicisme, version charismatique, ou version charitable. Leur véritable obsession apparaît rapidement : éviter l’affrontement de classes, le renversement du capitalisme, de l’État, des religions. Ils en sont les collabos, pensent en être les bénéficiaires, et ne savent pas très bien s’ils garderont leurs cheveux et leur vie après la Révolution.

Nous aimons bien ces gens-là : ils sont bienveillants intelligents, cultivés, bien habillés, leur dents sont impeccables. Leur transit intestinal parfait ( c’est leur autre obsession) les rend gracieux et légers comme des Elfes dans un version dénazifié du Seigneur des anneaux. Mais, foutredieu, qu’est-ce qu’ils sont cons, naïfs, et arrogants de leur ignorance même. Leur absence de culture militante, la démission idéologique de leurs profs de lycée, en font des proies faciles aux loups qui bêlent à l’unisson, avant de les croquer. Sur n’importe lequel de leur sujets de prédilection, 3 ou 4 rusés vivent, de conférences plus ou moins gesticulées, d’ateliers avec buffet campagnard., de livres illustrés. Plus grave chaque domaine possède ses passerelles vers l’extrême droite : Chouard, Rabhi…

Elfe
Elfe

Ce n’est pas un hasard, beaucoup de ces thèmes ont les mêmes ancêtres que le nazisme : les révolutionnaires-conservateurs allemands des années 1920  volkisch, racialistes, naturolâtre, le corporatisme chrétien, et des relents platoniciens de la vie de caserne comme modèle de la vie heureuse. Le complotisme et le confusionnismes sont à la maison. Nouvelle Donne était leur préférence. Benoît Hamon semble vouloir prendre le relais.

Que faire d’eux ? Les éduquer, sans doute, leur montrer ce qu’ils oublient dans leur explication du monde, les dominations, le fétichisme de la marchandise, le matraquage des pauvres. Leur montrer la nocivité qu’il émane à jouer les idiots utiles du capitalisme artistiques, « les clowns lyriques qui jouent leur rôle humaniste dans l’arène capitaliste, pendant qu’on égorge dans les coulisses ( paraphrase de Lénine). Leur montrer l’impasse de tous ces mouvements qui veulent émanciper l’homme sans libérer les moyens de productions, et détruire l’Etat. Et quand il auront fait leurs classes les engager à rejoindre les luttes radicales et joyeuses, qui se font sans zone d’ombre, sans exclusion, sans cécité ni oubli.

La révolution ne se fera pas dans les salons. .

NB : ce texte est une invitation, un peu punk au débat avec nos camarades radicaux et les milieux bisounours. Nous accepterons les rituelles insultes aux auteurs. Mais nous modérerons les niaises attaques contre anars, voire antifas ou « *gauchiasses (sic) » qui ne nous ont pas mandatés ! Par ailleurs nous ne sommes pas une réincarnation d’Ornella Guyet, dont nous respectons par ailleurs le travail sérieux et constructifs. Bisous aux nours(e)s sincères. Et Merde aux autres.

PS : Nous ne parlons pas ici des émanations ou inspirations plus organisées et radicalisées de ces métiers : décroissants électoralistes, néo-luddites, chouardistes etc… Nous faisons crédit au bisounoursistes de ne pas sombrer dans le soutien au fascisme, à la répression sexiste…

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Cet  article ne cite pas ses références : elle seront rajoutées plus tard

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